• Posté par : Tom 30 mai 2015

    Étonnants Voyageurs, c’est toujours comme des vacances livresques : un cadre idéal (une vieille ville fortifiée en bord de mer sous un soleil timide), une tente remplie de livres et d’auteurs talentueux (auxquels on parle facilement) et une programmation faite d’expositions et de rencontres toutes plus riches les unes que les autres. En ce week-end multiculturel, placé sous un rayonnement mondial, le festival a fêté ses 25 ans. La programmation reste la même, et elle est toujours plus riche. Retour sur un week-end haut en couleurs et sensiblement unique.

    Un festival à l’ambiance unique

    Quoi de mieux que cette ville au charme désuet et charmeur, au bord d’une mer colorée et ensoleillée ? On se balade à Saint-Malo, en mangeant (beaucoup !), rigolant (encore) et rêvant d’aventures, de science-fiction, de poésie, de dessins ou de road-trips. Tous les genres sont là sous ce soleil breton, et on se prend au jeu. On viregabonde au sein de la ville en se dodelinant entre différentes conférences sans savoir laquelle choisir. Étonnants Voyageurs a tous les atouts pour réussir, et ça marche depuis 25 ans. Quelles sont les raisons de cette réussite, si ce n’est cette ambiance ensoleillée et fidèle à une littérature éclectique et diversifiée, rêveuse, élancée ?

    Un tour du monde en 72 heures…

    Le salon va aussi aux confins du monde et en explore ses richesses, ses aspérités, ses conflits et ses doutes, ses erreurs et ses espoirs. 250 auteurs ont donc parlé pendant 500 heures durant environ 300 débats autour de différentes thématiques.
            Cette année, Michel Lebris, fondateur du salon, a choisi une affiche forte. « Nous sommes dans un monde en crise mais il y a du positif qui ressort. C’est pendant les crises que les choses se construisent. J’ai choisi cette photo pour l’intensité du regard qui transmet la difficulté mais aussi l’espoir et le questionnement sur le monde. La cartographie qui apparaît sur son visage rappel l’idée du voyage. » Avec cette 26ème édition, le salon cherche à explorer le monde dans ses forces et ses faiblesses autour de la thématique de la crise et de sa sortie. On y a parlé de l’Islam, de Charlie, des littératures dites « monde », des nouvelles formes de littérature face à ces émergences des nouveaux mondes, du rôle de l’écrivain dans tout ça.

    En fait, le festival résonne de toutes langues, et de toutes cultures. Ça sonne et résonne de partout, mais surtout, à n’importe quelle conférence, on en apprend un peu plus sur d’autres cultures – jusqu’aux conférences sur l’imaginaire qui nous parlent du rapport aux morts des anglais et de leur humour. C’est enrichissant, sur tous les points de vue.

    … et un tour des imaginaires

                    Enfin, le festival accorde sa place à la littérature de l’imaginaire et celle étiquetée jeunesse. Le prix de l’imaginaire, important et renommé, y est mis et a été décerné côté jeunesse à Jean-Luc Marcastel pour Le Simulacre et à Ransom Riggs pour l’étranger pour Miss Peregrine et les enfants particuliers

                    Le samedi, à 16h, Jean-Claude Dunyach, Timothée de Fombelle et Christopher Priest, ont discuté du « besoin d’imaginaire ». Dunyach y a justement caractérisé les fables ou fictions comme « l’incapacité à s’arrêter pour n’importe quelle raison ». On lui accorde bien volontiers cette définition. Et cet imaginaire en tant que genre, quelle place a-t-il parmi toutes ces littératures ? Ils ne le disent pas clairement, mais vont vers une utopie finalement très réussie de cette littérature. Elle permet de s’évader, de sortir de cette crise, tout en participant à la résolution et surtout à la réflexion des conflits ; en pensant l’humain par exemple (Le livre de Perle et le rôle de l’imaginaire) ou les crises en elles-mêmes (Priest). On a tous besoin de cet imaginaire, ou de ces portes de sortie qu’ouvrent les fins heureuses : « Moi-même j’ai besoin de cet horizon », avoue Timothée de Fombelle. Il veut emmener le lecteur vers la beauté. N’est pas comme tout écrivain ? Car eux aussi parlent du rôle de l’écrivain : « J’écris pour partager des émerveillements », raconte Dunyach, en décrivant l’écrivain comme quelqu’un qui ne doit pas avoir peur, et doit toujours aller plus loin, repousser ces limites pour offrir, comme le recherche Timothée de Fombelle, cette beauté au lecteur.
                   
                    Vous l’aurez compris : aller à Saint-Malo, pour le festival Étonnants Voyageurs, c’est toujours un réel plaisir. On le voit autour de nous, il y a du bonheur sur les lèvres, et du fabuleux dans l’air. Le salon offre un bol d’air frais avec une évasion en littérature et dans tous ses imaginaires. Mais le salon c’est aussi ce mix des cultures, ce voyage incroyable à travers un monde riche et merveilleux, mais aussi un monde en crises, en peurs, en noir, qu’il faut régler, faire avancer et penser. L’écrivain n’a-t-il pas le rôle le plus beau et le plus dur dans tout ça ?

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    { 3 commentaires... lisez les commentaires ou Commentez }

    1. Bon, l'an prochain j'essaye d'y aller !!

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    2. Ton article me donne tout simplement envie d'y être encore... *^*

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    3. Viens Luluuuu !
      Merci Pauline :)

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    Alex la Belette et moi, on aime bien les commentaires ! Ça nous donne de l'audace !
    N'hésitez pas à poster votre avis, une idée, une blague, une remarque. Tout ce que vous voulez, tant qu'on peut échanger. Parce que la littérature n'est jamais plus belle que quand on la partage.

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