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  • Björn, l'ours le plus attachant qu'on ait jamais vu, Mirolioubov, bonhomme sens dessus dessous et la féministe Blanche-neige !
    ATTENTION GROS COUP DE CŒUR : sortez vos pots de miel et un bon oreiller, c’est l’heure de l’histoire du soir. Et pas n’importe quelle histoire ! Une des six histoires proposées par Delphine Perret avec son héros Björn, l’ours le plus gracieusement pataud et attachant qu’on n’ait jamais vu.

    Une fois passée l’étonnement du contraste entre la couverture jaune fluo et les pages bleues pastel, on plonge sans hésiter dans une demi-douzaine d’épisodes décousus les uns des autres mais ayant tous pour héros l’étourdissant Björn. Avec lui, on découvre dans ce recueil très doux, le plaisir d’écrire une lettre à ses amis, la saveur d’un carnaval partagé, ou les bienfaits de voir flou. Ces histoires d’une tendresse immense prônent une philosophie de la simplicité : dans cette forêt, on mène une vie lente et frugale. Björn, avec sa nonchalance très touchante, préfère le confort de son coin de caverne à celui d’un canapé qui prend trop de place, ou encore voir flou plutôt que de porter des lunettes. Et parfois, Björn préfère ne rien faire du tout, et c’est tout aussi bien.

    Avec une candeur indispensable et une naïveté séduisante, Delphine Perret, qui nous avait déjà convaincus de son talent avec Bigoudi et Santa Fruta, signe un album d’une langueur inouïe. Avec un trait qui se suffit à lui-même et un texte qui va à l’essentiel, elle condense les émotions du lecteur en une délicieuse envie de ne rien faire. Elle le ramène au besoin vital qu’on oublie trop souvent, de laisser aller la vie à ses petits riens très tendres. Et ça fait beaucoup de bien.


    Mirolioubov, lui, est un personnage avec les pieds sur terre. À moins que ça ne soit la Terre qui soit posée sous ses pieds ? Qu’importe, aujourd’hui, Mirolioubov commence une journée comme les autres : une fois perdu par quelques cheveux, il toque à sa porte pour sortir dehors et, son chapeau bien rempli par lui-même, part à l’aventure.

    C’est encore une aventure du quotidien qu’on découvre ici mais plutôt que d’y voir flou, on y voit dans pleins de sens différents. Avec une illustration graphique très chouette et un ton simple aussi, José Parrondo propose au lecteur de voir la vie autrement. Dans un monde complètement renversé à cause du regard interloqué de Mirolioubov, on se prend au jeu de tout retourner dans notre esprit jusqu’à écoper d’un merveilleux torticoli aux méninges.

    Complètement barré, on s’attache avec une facilité déconcertante à ce petit bonhomme sans doute un peu trop sûr de lui mais ô combien touchant. Cet album sens desssus dessous inverse notre point de vue sur tout en une histoire d’une absurdité charmante et d’une poésie brinquebalée par le héros avec joie. À dévorer !


    Dans un tout autre registre, je vous propose de découvrir Blanche-Neige. Mais pas Blanche-Neige et ses 7 nains… Non, ce serait être petit joueur. Dans ce conte revisité totalement féministe, les géniaux Davide Cali et Raphaëlle Barbanègre imaginent une Blanche-Neige occupée à aider non pas 7 mais 77 nains ! Mais pour elle, très vite, c’en est trop ! Le visage si blanc de la jeune fille se décompose de manière hilarante face aux corvées par centaines délivrées de manière mysogine à la belle jusqu’à ce que, ni une, ni deux, Blanche-Neige s’en aille ! Elle rencontre alors la sorcière qui lui propose une pomme empoisonnée. Blanche-Neige, loin d’être naïve, en prend deux et s’en va au fond de la forêt pour dormir… longtemps !

    Dans cet album cocasse, où l’on rit à chaque page, on rencontre une princesse pas comme les autres qui, soumise aux corvées, décide de se rebeller contre le traitement sexiste qu’on lui impose. Brillament illustrée, ce personnage très moderne fait rire avec son fort caractère et séduit par ses valeurs loin d’être traditionnelles. Avec un graphisme génial et un texte pétillant, cet album essentiel est à placer entre toutes les mains.

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    Björn est un ours. Il vit au milieu de la forêt entouré de ses amis les animaux. Six histoires simples et drôles, qui disent la beauté de la nature et de la vie tranquille.
    Björn habite dans une caverne. Les parois sont toutes douces. Le sol est confortable. Et juste devant il y a de l’herbe tendre et un arbre rugueux, parfait pour se gratter le dos. Björn est un ours. Dans 6 histoires tendres et malicieuses, Delphine Perret nous emmène dans la forêt, auprès de Björn et ses amis. Là-bas, le quotidien est fait de siestes, de jeux empruntés aux humains, de cueillettes, et de parties de cartes. Dans une des histoires, Björn et ses amis décident d’organiser un carnaval et de se déguiser en humains… Dans une autre, nous les retrouvons en pleine visite médicale. Une des six histoires raconte l’amitié naissante entre Björn et une petite fille qui lui offre… une fourchette ! Delphine Perret se penche sur le charme des petites choses, avec une grande délicatesse et un humour pinçant. Avec un dessin au trait très épuré, elle nous offre une véritable ode à la nature et à la contemplation.

    Éditions des Fourmis Rouges
    64 pages
    12€50

    Ce matin, Mirolioubov se lève avant d’avoir fini sa nuit, il garde un peu de sommeil pour plus tard. Il a bien raison car une grande journée l’attend en une série de situations absurdes. Mirolioubov voit le monde à sa manière avec une façon très particulière d’interpréter les événements, un peu en dépit du bon sens. On y retrouve, en creux, toute la poésie de José Parrondo qui nous offre un autre angle de vue sur le monde, si proche de celui des enfants.


    Éditions du Rouergue
    48 pages
    12€90


    Il était une fois une jeune fille nommée Blanche-Neige qui, pour échapper à une méchante sorcière, trouva refuge chez 77 nains. En échange de leur hospitalité, les nains demandèrent à la jeune fille de prendre soin d’eux et de leur maison. Épuisée par la charge de travail et excédée par les caprices des nains, Blanche-Neige fut trop heureuse de croquer la pomme et de pouvoir enfin dormir !

    Éditions Talents Hauts
    32 pages
    15€

    3 personnages à rencontrer absolument !

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  • Une chose est sans aucun doute incontestable : Vincent Villeminot nous surprendra toujours. Avec Le copain de la fille du tueur, il confirme le renouvellement fabuleux dont il fait preuve depuis ses débuts. Et ce nouveau roman est sans conteste l’un des meilleurs qui prouve son talent d’écrivain sans cesse plus grand et sa plume toujours plus aguerrie. L’intrigue haletante pousse à l’admiration, tandis que la richesse émotionnelle touche et émerveille. En un mot, Le copain de la fille du tueur est absolument époustouflant.

    Charles, élève d’un internat prestigieux perdu dans les montagnes russes, se lie d’amitié avec Touk-E, un jeune homme qui l’entraîne dans de joyeuses révolutions contre le système et les bases inébranlables de cet institut de « gosses de riches ». Puis, un jour, arrive Selma, une mystérieuse mais envoûtante jeune fille. Tout de suite, Charles en tombe amoureux…

    Vincent Villeminot a ça d’incroyable qu’il ouvre sans cesse son écriture à d’autres façons terriblement ingénieuses d’inventer, de raconter. Dans Le copain de la fille du tueur, c’est une narration évoluant en même temps que la très belle relation entre Selma et Charles qui séduit, percute. D’abord au passé, puis à partir du moment où Selma arrive à l’internat, au présent. L’histoire, naviguant d’abord sur une antériorité qui semble donner au récit un aspect légendaire, se pare soudain d’une autre temporalité qui module la voix de Charles. Du ton grave et solennel, magnifié, on passe à l’urgence du présent.

    Cette urgence du présent, pas seulement formelle, est essentielle dans Le copain de la fille du tueur. Elle se manifeste par plusieurs aspects. D’abord par l’urgence de la révolution qu’entreprennent Charles et Touk-E : vive et anarchique, leur façon de se rebeller ne fait rien bouger mais les convainc de l’importance de vivre et de l’importance d’être l’élément à contre-courant d’un monde peut-être complètement irréfléchi.

    C’est là qu’on retrouve le Villeminot qui nous enchante : il réussit, quelque soit son histoire, à parler de notre monde tumultueux et à dire les choses qui le font se mouvoir. Encore une fois, il nous parle de manière profonde de nous, et notamment de cette jeune génération que nous sommes, mais aussi de ce monde terrifiant et de la manière qu’on a de s’y confronter. Avec Charles qui hésite, Touk-E qui explose, Selma qui court, on a un panel tout en subtilités qui se croisent et se parcourent de représentations très justes de notre jeunesse. Et ce qui parle particulièrement dans Le copain de la fille du tueur, c’est ce sentiment inépuisable de ne pas être à sa place. Il parcourt cette émotion et les autres avec un style simple, qui va à l’essentiel, mais aussi grandement contemplatif. Cette contemplation est l’observation minutieuse et poétique d’un monde bien trop grand pour les personnages dans lequel on essaie, tous, de grandir.

    Cette urgence du présent est aussi une urgence de raconter tempérée par un dénuement extrêmement intéressant et travaillé au détail près. En effet, l’écriture est brève et saccadée, mais est aussi façonnée comme un outil d’universalité des émotions. Le dénuement est ainsi utilisé dans ce besoin d’aller à l’essentiel, justement grâce à cette brièveté, qui dit les choses sans trop en faire, qui garde l’essentiel comme on garderait simplement l’émotion brute, pure.
    « Je la raccompagne. Ça sent le printemps. On pourrait se parler d'autres choses que de révisions, de foot ou de nos pères. On pourrait divaguer, partir tous les deux, prendre une ligne de fuite et partir droit devant voir où ça nous mènerait. »
    Outre ce renouvellement interne au roman de forme, Vincent Villeminot, tout en gardant ses airs de thriller contemporain, s’essaye à un nouveau genre : la romance. Et ça lui va à ravir. Au milieu de ce cadre étonnant et saisissant d’un internat fabuleux en Suisse, paradis de riche enneigé, il place la naissance vibrante et excitante d’un amour naissant.
    « C'est cela, l'amour, ne plus jamais être seul ? »
    Cet amour est celui fragilisé par la désillusion ambiante qui ne cesse de teinter le récit. Il va être cassé, recollé, et cassé encore. Porté par deux personnages qui prennent corps entre les lignes, de manière brûlante et douce, l’amour que propose Villeminot est houleux, mais toujours conjugué au présent.
    « Des fois le présent est plus urgent que l'avenir. »
    Cette urgence est donc essentielle dans Le copain de la fille du tueur. Ce roman est de ceux qui nous rappelle, sans pathos, ni niaiserie, et avec une intelligence folle, la valeur terrifiante mais essentielle du présent. Il nous rappelle aussi ce qu’est l’amour, et c’est ici que Villeminot excelle. Lui qui ne plonge jamais dans ce genre d’histoire dit parfaitement les affres, les douleurs et les désillusions de l’amour, mais aussi ses lumières, ses douceurs et ses contemplations, comme la façon qu’a l’amour de lire en l’autre.

    C’est sans doute en partie grâce à ses personnages que Vincent Villeminot réussit ça. Des personnages incarnés et sans clichés, justes, auxquels on s'identifie si facilement. Outre la fraîcheur vivifiante de Touk-E, on rencontre Selma et Charles, qui, avec Touk-E, se placent en personnages un peu différents, qui osent les choses, qui sortent des sentiers battus, qui pensent quelques soient leurs déterminants sociaux mais aussi les déterminants imposés par le genre littéraire. Et on se frotte plus particulièrement à l’histoire de Charles et Selma, deux êtres magnifiques, désaccordés, mais qui montrent la richesse de l’amour en essayant de s’accorder ensemble.
    "Je t'asperge avec la bouteille d'eau.
    Tu cries, tu protestes.
    Le soleil."
    Enfin, Villeminot va plus loin que la romance. Cette romance, il la raconte d’ailleurs comme un cercle humain infini et perpétuel, mais aussi de manière élégiaque par l’héritage menaçant d’un père. Villeminot va aussi plus loin que l’urgence du thriller qui reflète un monde sans cesse en mouvement, entre déchirements et espoirs, qui réussit, lui, à donner à ce roman un rythme haletant. Il propose en effet également une lecture fantastique de notre monde et de l’amour, en introduisant des éléments fantasmagoriques avec une grande finesse. Loin d’être en trop, ils ajoutent à la richesse littéraire et historiée du roman. Une nouvelle fois, l’auteur va plus loin pour servir une histoire ô combien riche et inoubliable.

    Le copain de la fille du tueur est donc la preuve irréfutable que Vincent Villeminot est un grand écrivain dont le talent ne cesse de grandir. De l'histoire d'amour vibrante au réalisme parfois merveilleux, jusqu'à une fin haletante entre peur, déchirements, amour, et espoirs, c’est un roman unique, un chavirement psychique et émotionnel.
    Histoire d'amour à la Vincent Villeminot, avec une écriture dénudée, simple, mais contemplative et poétique, elle ne se détache pas pour autant des enjeux politiques, économiques et modernes traversant l’œuvre de son auteur. Ces enjeux répondent à des interrogations actuelles et sociétales importants, ici avec une très douce sensibilité.
    Le copain de la fille du tueur marie ainsi révolution douce et anarchique à des personnages amoureux vifs et charnels, et couple le tout à une pudeur de raconter qui dit avec une grande sensibilité la violence de notre monde et de nos rapports aux autres. Un chef d’œuvre.
    « Va-t-en, vite, la tête haute, sans larmes et sans adieux. »

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    Une histoire d'amour de Vincent Villeminot, à fleur de peau et les nerfs à vif !
    Charles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils tuent le temps comme ils peuvent, allumant fausses révolutions et vrais incendies … jusqu’à l’arrivée de Selma. Elle est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un trafiquant de drogue en cavale.



    Éditions Nathan
    264 pages
    16€95

    « Va-t-en, vite, la tête haute, sans larmes et sans adieux. » | Le copain de la fille du tueur, de Vincent Villeminot

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  • C'est avec un immense honneur et un plaisir non feint que je vous annonce le lancement de la quatrième édition du prix La Voix des Blogueurs !

    Le prix La Voix des blogueurs qu'est-ce que c'est ?


    Il découle d'une volonté commune de mettre en avant les blogueurs et leur travail, mais aussi et surtout des livres de qualité plébiscités par ceux-là et par la communauté des lecteurs que nous formons toutes et tous.

    Le principe est simple. Chaque blogueur choisit son coup de cœur littéraire de l'année révolue et le propose aux autres comme sélectionné. Parmi ces romans lus par tous les membres du jury, trois finalistes ressortent et concurrent pour le titre final. Le vainqueur, désigné suite à une assemblée générale des blogueurs, se voit remettre son prix au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

    La sélection

    Cette année, nous avons une sélection qui va nous donner du fil à retordre. En effet, comment va-t-on réussir à départager ces pépites ? Il s'agit de 8 romans vers lesquels vous pouvez foncer tête baissée... Mais parmi eux, un seul gagnera ! Mais lequel ?
    (Cliquez sur les couvertures des romans pour découvrir le blogueur qui a choisi ce livre !)


    La mention des lecteurs

    Il y a parmi ces romans, peut-être, un que vous avez aimé plus que les autres ? Certains que vous aimeriez découvrir ? C'est l'occasion ! Avec le prix La Voix des Blogueurs, vous allez pouvoir gagner des romans sur la page Facebook et, très bientôt, voter pour votre favori ! Si c'est mieux d'en avoir lu au moins 3 ou 4, vous pouvez voter pour votre chouchou tant que vous en avez lu au moins un. Nous décernerons, au moment du salon du livre de Montreuil, un prix annexe, la mention des lecteurs ! Nous serions ravis d'avoir votre avis, alors n'hésitez pas !

    Les blogueurs membres du jury


    Les anciens gagnants


    En attendant la liste des finalistes qui arrivera en octobre, vous pouvez nous suivre sur Facebook pour découvrir des concours, des interviews, des chroniques et tout plein de supers contenus !

    La Voix des Blogueurs #4 | Lancement

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  • L'histoire touchante de Caumes qui tombe amoureux en même temps que son pays tombe dans la terreur.

    Comme Samedi 14 novembre qui paraître en novembre, À la place du cœur traite des attentats survenus en France en 2015. Seulement, une différence essentielle existe entre les deux : le roman de Vincent Villeminot aborde les attentats de novembre, tandis que celui d’Arnaud Cathrine parle de ceux de janvier. À la place du cœur, premier tome d’un diptyque étonnant, pose d’une manière singulière la question de la vie après ces actes meurtriers. Plus encore, c’est le portrait saisissant d’une jeune génération dont le monde à venir promet de se bâtir de la même façon que l’histoire de Caumes : entre les désirs brûlants d’aimer et les chocs désarmants d’un monde en guerre.

    Caumes a 17 ans. Devant lui, il a encore tout à faire. Il ne sait pas encore ce qu’est ce tout terrifiant, ce qui est sûr c’est que, pour l’instant, il est amoureux. Amoureux fou. Ce genre d’amour qui vous fait rêver et bander à la fois. Alors qu’il échange son premier baiser et qu’il pense déjà à faire l’amour, la France sombre dans la terreur : à Paris, ce mercredi 7 janvier, un attentat a fait douze morts à Charlie Hebdo. Et c’est loin d’être fini.

    « Je ne sais pas ce qui va arriver mais c'est le plus beau jour de ma vie. Tout simplement parce que je suis prêt à le vivre. »

    Je parlais juste avant d’une différence essentielle entre ces deux romans jeunes adultes : celle de la nature des attentats. Au-delà des différents symboles qui ont émergé des réactions à chaque attentat, il reste pour moi essentiel que ceux de janvier ont marqué cette claque monumentale qu’a été cette vision de notre monde en guerre. Si on savait déjà que la guerre avait éclaté depuis longtemps au Moyen-Orient, on ne pensait pas qu’elle pouvait nous toucher aussi, frontalement. La nature des guerres a aujourd’hui radicalement changé et je crois personnellement que c’est ce qui a été le plus difficile à encaisser en janvier 2015. Pas tant l’attaque à notre liberté d’expression, mais plutôt la prise de conscience violente que dans ce monde devenu incompréhensible on n’est plus à l’abri nulle part. On est aussi confrontés à la réalité terrifiante et désarmante que la complexité du problème est tellement immense qu’elle nous dépasse tous. Comment vivre aujourd’hui sans trouver comment agir ?

    Mais on parle bien de romans jeunes adultes, alors la question va foncièrement plus loin : comment peut-on aujourd’hui se construire et bâtir son avenir quand le monde qu’on nous laisse explose de partout ? C’est ce qui fait la plus grande force du roman : Arnaud Cathrine écrit avec la plus grande sincérité qui soit ce qui bouillonne dans la jeunesse française. Il dit et pose les questions que se posent les adolescents aujourd’hui et semble se faire porte-paroles d’une génération en crise, en doutes… perdue.

    Cette voix qui vient de la musique a tout pour trouver dans la littérature jeunes adultes l’écho qui lui est dû. D’un ton franc et grave, entre espoirs et désillusions, Arnaud Cathrine sait toucher ce qui bouillonne en nous. L’endroit précis où converge la rage de notre jeunesse menacée et la terreur d’un monde qui ne semble pas vouloir nous laisser vivre. Et, forcément, ça ébranle. Je ne peux que me permettre de parler de manière subjective en vous avouant qu’il m’a rarement été donné de lire un roman qui disait d’une manière aussi authentique ce que je ressentais et pensais.

    Comme le dit Nathan (il en parle sur sa chaîne YouTube >>>) c’est un livre extrêmement honnête. Et c’est beau, cette franchise sans pudeur, sans fioritures. C’est une vérité pas belle à voir mais affichée sans complexe : notre vérité, celle du « pire à venir ». Pourtant, l’histoire ne la présente pas de façon dramatique, ni avec solennité. Arnaud Cathrine choisit d’écrire du point de vue de Caumes qui en même temps qu’il tombe amoureux voit son pays tomber à mourir. L’honnêteté du livre est celle d’écrire les réactions de Caumes et de ses amis de manière brute et pas moins touchante. L’effroi d’abord, la tentation abrutissante de la télé et la culpabilité, enfin, de toujours vouloir vivre et ressentir malgré tout ça. En effet, Caumes tombe amoureux, et au fur et à mesure que les attentats s’enchaînent, il culpabilise. Il se sent coupable de toujours vouloir sortir et peut-être sécher les cours grâce aux attentats, de d’abord penser à Esther plutôt qu’aux morts, de d’abord vouloir faire l’amour plutôt qu’un deuil. Le récit de Caumes est celui d’une jeunesse entre deux eaux : celle incitée à se recueillir et de l’autre côté poussée à vivre et faire la fête.

    Arnaud Cathrine traite donc son sujet avec une grande habilité en croisant ces deux histoires. Alors que bouillonne l’excitation du premier amour, c’est un pays entier qui se met lui aussi à prendre feu. Grâce à ce mécanisme narratif intelligent, l'auteur ne tombe jamais dans le pathos et garde la voix brute de ses personnages.

    Parce que ses personnages valent le détour à eux seuls. Causes, un protagoniste à la complexité saisissante, est rageux, amoureux, mais toujours attachant. Il cache derrière cette carapace une vraie profondeur à laquelle je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier : la profondeur vraie et belle de cette jeunesse perdue mais pas paumée. Esther, elle, est un très beau personnage, d’une grande intelligence, sympathie et d’un militantisme qui donne de l’espoir. Hakim est extrêmement touchant, construit à force de petits détails en une profondeur recherchée. Son histoire’ajoute à la toile que tisse Arnaud Cathrine et qui décrit avec une rigueur toute naturelle la complexité de la situation. Les autres sont aussi minutieusement bâtis, jusqu’à la prof de philo, toujours passionnante dans son discours. Et ce sont ces échanges entre tous qui créent aussi l’intrigue et la rendent pertinente et bien menée.

    On regrette néanmoins, même si l’on dit enfin dans un roman que la vie est aussi faite pour jouir et qu’Arnaud Cathrine n’a pas peur de parler très franchement de sexe, que cette question du sexe soit justement trop abordée du point de vue du pénis. Certes le héros en a un, et ce personnage rempli de pulsions a donc une grande envie de cette nourriture du corps, mais le début du livre ne cesse de présenter les personnages masculins sous leurs pulsions envoyées par leur pénis et leur envie de se masturber très régulièrement. On en vient à une image envoyée du sexe tournée autour de l'organe et du plaisir masculins. On regrette alors que la façon dont on aborde les personnages ne soit pas moins genrée et qu’on découvre certains d’eux à travers des stéréotypes masculins trop sexistes. C'est minime, mais c'est dommage.

    « Comment garder le goût d’un baiser ? Qui sait ça ? Personne. »

    À la place du cœur est le roman franc, grave et essentiel de notre génération. Entre autres addictions au téléphone ou questions féministes qu'il mentionne, le roman aborde surtout, tout en n’omettant pas tous les nombreux problèmes qui découlent de ces évènements, la question nécessaire qu'est celle après ces attentats de notre façon de vivre dans tout ça. C'est à dire notre envie de vivre malgré toutes ces horreurs : doit-on avoir honte et se sentir coupable ? Il se fait aussi, de manière plus large, reflet d’une génération prise entre deux flots qui se retrouve perdue, oui, mais pas complètement paumée. Juste désorientée.
    Arnaud Cathrine apporte ainsi le souffle qu'il manquait à la collection R : une voix française taillée dans la roche sans manquer d’émotion, vibrante et pénétrante. À la place du cœur cristallise la force essentielle de la collection, celle d’être éclectique, moderne et jeune, mais aussi celle de la littérature, c’est-à-dire cette capacité à prendre du recul, et à dire avec la plus grande justesse le monde qui nous entoure.

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    Six jours dans la peau de Caumes qui vit son premier amour.
    Six jours de janvier 2015 ou la France bascule dans l'effroi.
    Le portait d'une génération tiraillée entre l'amour et la mort. Un livre à placer dans toutes les mains – sans exception. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »... Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s'annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c'est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l'entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes... À la place du coeur, c'est ça : une semaine, jour après jour, et quasiment heure par heure, à vivre une passion sauvageonne et exaltante ; mais une semaine également rivée sur les écrans à tenter de mesurer l'horreur à l'oeuvre, à tenter de ne pas confondre l'information en flux continu avec un thriller télé de plus. Comment l'amour (qui, par définition, postule que « le monde peut bien s'écrouler ») cohabite-t-il avec la mort en marche ? Comment faire tenir ça dans un seul corps, dans une seule conscience ? Comment respirer à fond le parfum de la fille qu'on aime et comprendre, dans le même temps, que le monde qui nous attend est à terre ?

    Éditions Robert Laffont, collection R
    252 pages
    16€00

    À la place du cœur, le roman d'une génération | Arnaud Cathrine

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  • Le meilleur roman lu depuis des années : l'histoire d'amour, en vers, d'Eugène et Tatiana.

    Songez à la douceur pour moi d’écrire ces mots,
    Dans un cocon douillet, où la vie n’entre pas.
    Elle s’agite au dehors et au-dedans s’étire,
    Le matin sonne encore en pas tout calfeutrés.

    Ce sont des temps printemps qui nous font adoucir,
    Sous le temps qui s’endort, qui me rappellent ce livre,
    Et il ne reste en moi que l’épaisseur du monde
    Qui s’alanguit lumière et s’enveloppe de Songe.

    C’est dans le train trop vide que j’ai lu ce roman,
    Dans l’atmosphère propice à la douceur des choses,
    Dans l’ambiance élancée vers les couleurs du monde,
    Dans l’épaisseur du temps, je les ai rencontrés.

    Eugène et Tatiana étaient bercés en bulles,
    Qui s’élançaient vers moi, elles étaient bien trop belles,
    Pour ne pas les attraper en un grisant soupir.
    Leur danse sensuelle déjouait tout chronos.

    On aurait cru dans l’air comme un tourment éteint,
    Une impression en touches, d’un temps reculé
    Cette danse sans nom s’appellerait amour
    Si ce tout petit mot pouvait dire cette valse.

    Ces deux protagonistes ont une étoffe épaisse,
    Qui murmurent l'humain et l'irrégularité
    Du devenir en doutes, et leurs élans vers l'autre
    Qui séduisent tout le corps et renversent l'esprit.

    Cette sensualité forte en nombreux plaisirs,
    De ces cœurs lancinants d'une tendre beauté,
    Sait séduire le sublime dans ses penchants de pluie,
    La douleur a sa place dans les songes des êtres.

    Sans trop en dire plus, chacun l'aura compris,
    Cette histoire d'amour est celle de ceux-là
    Qui se sont aimés là et puis se sont perdus,
    On ne les as retrouvés que bien plus tard ensemble.

    Entre temps chacun d'eux avait vécu sa vie
    Mais à leur façon tendre, ou pour Eugène brute,
    Ils pensaient l'un à l'autre, parfois sans se l'avouer.
    Et un métro un jour a rappelé chacun.

    Ce sont ces héros grisants, leurs écartements,
    Ces élans doux amer où viennent les retrouvailles,
    Qui m'ont fait chavirer et m'ont ravi le cœur
    Par cet émoi si tendre, et souvent saisissant.

    Eugène et sa voix douce, et ses désillusions,
    Rappellent sans nul doute l’insignifiance de l’être
    Qu’il pense sans tourments et dit avec sa verve,
    Qu’il crache au monde naïf d’espoirs que l’on rêve.

    Il paraît parfois brut mais est de grande splendeur,
    Et pour cette femme son admiration
    Arrive à déjouer dans la littérature
    Les personnages empreints de clichés masculins.

    Sa Tatiana douce, qu’il finalement regrette,
    A elle un pas classique, un rêve en émois lents,
    Mais se révèle aussi flamboyante de beauté.
    Elle refait toute l’histoire avec son fou franc-vivre.

    Avec ces personnages et ceux qui les entourent,
    Il y a ce narrateur qui joue de son histoire.
    Les codes du roman sont bien trop chamboulés,
    Clémentine Beauvais joue de son rôle d’auteur.

    C’est brillant, fin et drôle, on a envie de croire
    Que cette histoire contée a vraiment existé.
    Elle discute avec eux et les raconte en vie,
    Ils sont saisissants de toute authenticité.

    Et pourtant elle engage ce ton ancestral,
    Ce n’est que création, mais ça touche de plein fouet.
    Cette histoire de tout temps, universelle et douce,
    Fulgurante de beauté, elle en devient légende.

    La construction habile se joue ainsi du temps.
    L’écriture acérée aiguise, elle, l’histoire.
    Grandement littéraire, doucement elle pénètre
    L’imaginaire brûlant de nos doux songes d’écrits.

    La douce fulgurance de ce tissu de vers
    Est une réalité qui se veut poétique.
    Réinventée en rythmes et en images inouïes,
    L’ambiance est silencieusement impétueuse.

    Et l’écrivaine en parle sans en trop faire non plus.
    Sa verve en spleen ancien fait tourner les poètes
    Qui n’ont rien à donner à ce parlé en vers.
    C'est sublime et unique, acéré et tissé.

    Ce tissu en mes mains, je le veux partager,
    Crier à tout le monde l'écriture élancée
    Et les vers qui chavirent et les grincements au cœur,
    Mais j’ai aussi envie de le garder pour moi.

    Sachez que dans mes mots se cachent l'admiration
    Pour ce roman unique, cet incroyable élan.
    Cette plume vers les autres et des mots vers l'histoire
    Se frottent ici aussi à la saveur du monde.

    Et c'est anachronique, ces temps là qui s'emmêlent
    Elle souffle sur un monde et en aspire un autre
    Elle sait créer Paris, sans craindre de le perdre
    Sa réalité morne est remaniée de rythme.

    Elle lance cette ville dans l'arène des mots.
    Réminiscences éteintes d'un futur sauvage,
    Qu'on rêve en doux fantasmes et en wizz MSN,
    Savent refaire notre monde et s'asservir au sien.

    Dans cette ambiance ténue, tenue par notre époque,
    Où l’internet ambiant a su nous conquérir,
    On dépeint l’existence ouatée du grand Paris,
    Celui des grands romans d’une élégance certaine.

    Cette élégance est celle de Clémentine Beauvais,
    Qui dans ces mots en vers, a trouvé liberté.
    Là où on pourrait craindre un style fabriqué,
    L’écrivaine, elle, virtuose, s’épanouit de grâce.

    Douce déclaration d’amour à l’amour
    Et volubilité de dialogues troublants,
    C’est ce qui fait d’un songe, un songe magnifique.
    Eugène et Tatiana, ferment pourtant leur danse.

    Et de les voir partir, j’en pleurerais peut-être,
    Parce qu’ils sont maintenant, une partie de moi.
    Dans ce poème étreint d’une ardeur absolue
    J’en pleurerais peut-être, mais ce sera en vers.

    _____________________





    _____________________

    Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur , c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.


    Éditions Sarbacane, collection Exprim'
    240 pages
    15€50

    Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

    4
  • La fin du feuilleton estival sur une surprise de taille : 102 livres à gagner jusqu'au 14 septembre !

    Le cadavre exquis que vous avez pu lire petit à petit sur le blog ce mois d'août s'est terminé hier (pour découvrir le dernier chapitre, ainsi que les 3 premières parties, c'est par ICI) ce qui annonce par ailleurs la fin imminente de l'été...
    Pour s'en consoler et fêter la rentrée littéraire, je vous propose un concours GÉNIAL ! En effet les éditions partenaires du concours et moi-même vous offrons pas moins de 102 livres ! Ceux-ci ont tous été écrits par les 17 auteurs du cadavre exquis.
    J'en profite d'ailleurs pour remercier, en plus des maisons d'édition, les auteurs. Ils se sont merveilleusement bien prêtés au jeu et j'en suis extrêmement heureux. Ils montrent surtout, une nouvelle fois, la richesse de la littérature française (jeunesse) et leur exquise impertinence poétique.
    Maintenant, place au concours !

    Comment participer ?

    Pour participer, c'est extrêmement simple : il suffit de remplir le formulaire que vous trouverez en bas de l'article en indiquant les livres qui vous font envie.

    3 conditions

    - Suivre la page Facebook (ici), le Twitter () ou la newsletter (colonne de droite du blog) de La Voix du Livre ! Plus vous suivez le blog, plus vous avez de chances de gagner.
    - Bien entendu, vous ne pouvez gagner qu'il seul livre, et pas plusieurs ! Comme ça, belette, les éditeurs et moi faisons encore plus d'heureux !
    - (Facultatif) Partagez l'article et vous aurez une chance supplémentaire par partage de remporter le livre de vos rêves !

    Vous avez envie de jouer et d'avoir encore plus de chances de gagner ? Alors jouons !

    Les chapitres des cadavres exquis ont été redécoupés grâce à des retours à la ligne. Les différentes parties de chaque chapitre sont celles originelles écrites par chaque auteur. Je vous propose donc un jeu difficile : vous gagnez deux chances supplémentaires dès que vous arrivez à deviner quel auteur a écrit une partie du cadavre exquis (excepté pour Stéphane Servant, c'est bien trop facile !)

    Attention !

    Si vous n'habitez pas en France, vous ne pouvez malheureusement pas tenter de gagner tous les livres. À chaque lot est spécifié dans le formulaire Google la maison d'édition partenaire. Vous pouvez donc retrouver ci-dessous la liste, en fonction de votre pays, des maisons d'édition qui proposent d'envoyer un lot jusque chez vous.
    • France métropolitaine : tous
    • Belgique : Éditions des 400 coups, Le diplodocus, Éditions Jérôme Million, Collection R, Talents Hauts, Sarbacane, J'ai Lu, Didier Jeunesse, La maison est en carton, Oskar, La Pastèque, Le Rouergue
    • Suisse : Éditions des 400 coups, Le diplodocus, Éditions Jérôme Million, Collection R, Talents Hauts, Sarbacane, J'ai Lu, La maison est en carton, Oskar, La Pastèque, Le Rouergue
    • Luxembourg : Éditions des 400 coups, Le diplodocus, Éditions Jérôme Million, La maison est en carton
    • Monde entier : Le diplodocus, Éditions Jérôme Million, La maison est en carton


      Et dans ce concours vous pouvez gagner plusieurs exclusivités !

      Découvrez Vincent Villeminot avec trois de ses nouveautés : Les Pluies, chez Fleurus, un roman apocalyptique entre plusieurs flots, à paraître le 9 septembre, Le copain de la fille du tueur, dont je vous parlerai bientôt pour sa sortie le 8 septembre comme l'un des meilleurs romans de l'année, et en avant première inédite (épreuves non corrigées A4), les éditions Sarbacane offrent Samedi 14 novembre, un roman glaçant et lumineux sur les attentats du 13 novembre, à paraître chez Exprim' le 2 novembre.


      Sarbacane met aussi en jeu un recueil Exprim' 10 ans, qui réunit 10 auteurs de la collection (comme Clémentine Beauvais, Marion Brunet ou Séverine Vidal) pour proposer dix chapitres additionnels inédits. Ce recueil sera distribué en librairies !
      Gallimard Jeunesse, eux, vous font gagner le prochain roman de Gaël Aymon, l'auteur de l'incontournable Oublier Camille, qui paraîtra dans la collection Scripto le 15 septembre.


      Les éditions Scrinéo vous font gagner le nouveau roman de la géniale Carina Rozenfeld qui vous emporte cette fois-ci dans un univers de fantasy très sombre avec Zalim, qui verra le jour en librairie le 3 octobre.
      Enfin, un roman à paraître le 28 septembre : Le Jardin des épitaphes, le premier tome de la nouvelle série de Taï-Marc Le Thanh (l'auteur de Jonah), offert par Didier Jeunesse en 3 exemplaires !


      Le concours

      (Si le formulaire ne fonctionne pas, suivez ce lien : https://goo.gl/forms/rh518094GUr6IfJt1.)



      Règlement

      • Le concours dure du mercredi 25 août à 13 h 13 au mercredi 14 septembre à minuit.
      • Une seule participation par personne est autorisée.
      • Aimer la page Facebook ou suivre le compte Twitter ou la newsletter du blog.
      • En cas de perte de colis par le transporteur, les éditeurs ou moi-même ne pourrons en aucun cas être tenus pour responsables.
      • Le tirage au sort sera effectué avec le site en ligne random.org.
      • Pour toute question ou tout renseignement, merci d'envoyer un mail à contact[at]lavoixdulivre[dot]fr. 


        Les éditeurs partenaires

        http://www.editions-thierry-magnier.com/http://www.fleuruseditions.com/accueil.htmlhttp://www.didier-jeunesse.com/http://editions-sarbacane.com/http://www.actes-sud-junior.fr/http://www.lerouergue.com/http://www.editions400coups.com/http://www.bayard-jeunesse.com/http://www.millon.fr/http://www.gallimard-jeunesse.fr/http://www.lecture-academy.com/http://www.jailu.com/http://www.lapasteque.com/http://www.le-diplodocus.fr/http://enfantsrouges.com/https://www.facebook.com/oskar.editeur/http://www.laffont.fr/site/la_collection_r_&140&13&0&1&1.htmlhttp://www.talentshauts.fr/http://editionswinioux.com/home.htmlhttp://www.lamaisonestencarton.com/http://scrineo.fr/ 

        Le concours exquis | 102 livres à gagner !

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