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  • Interview de Noémie / 7 lieues & 1 livre qui vous propose un tour du monde de la littérature jeunesse !

    Je vous présente Noémie ! Cette jeune diplômée en édition (jeunesse) est partie, mardi 2 janvier, en voyage... Et quel voyage ! Elle posera, les huit prochains mois, ses valises dans sept maisons d'édition jeunesse différentes partout dans le monde.
    Je l'ai rencontrée pour vous et elle nous propose de nous emmener un peu dans ses bagages ! D'abord par une petite discussion avec elle puis par un petit cycle de chroniques que nous ferons tout au long de son voyage sur les albums jeunesse qu'elle rencontrera au cours de son périple...
    Le but ? Faire avec vous un petit tour du monde de l'édition jeunesse, dans sa diversité et ses points de convergence, et comprendre aussi l'importance des échanges internationaux en édition (jeunesse) ! Ça vous dit ? Alors on y va !

    Peux-tu présenter ton projet 7 lieues & 1 livre ?
    7 lieues et un livre est un projet de tour du monde autour de l’édition jeunesse et plus précisément autour des albums jeunesse. Ma démarche découle d’abord d’une volonté personnelle. Je viens tout juste de finir un Master 2 en édition à l’université Paris-Nanterre et après deux premiers stages auprès d’éditeurs jeunesse étrangers, au Royaume-Uni et au Liban, j’avais envie d’un projet plus englobant alliant l’édition jeunesse et les voyages. L’idée de départ a été alors de partir faire des stages dans les services éditoriaux de maisons d’édition jeunesse à travers le monde pour à la fois avoir un aperçu de la production littéraire jeunesse à l’échelle mondiale et des spécificités de chaque pays en matière d’albums. Je me suis très vite arrêtée sur sept maisons d’édition et après avoir pas mal prospecté à droite, à gauche, je pars finalement début janvier pour huit mois et demi de découverte. À découvrir : Yanbow Al-KItab au Maroc, Orfeu Negro au Portugal, Bakame au Rwanda, Karadi Tales en Inde, Gecko Press en Nouvelle-Zélande, Amanuta au Chili et 400 coups au Québec.


    Ton projet est un très grand projet autour de la littérature jeunesse : pourquoi le choix de cette littérature-là ?
    Rétrospectivement, je me rends compte que le livre a toujours beaucoup compté dans ma vie. Je me souviens du cérémonial quasi sacré de l’histoire lue par ma mère avant de m’endormir, de ma joie lorsqu’on me demandait d’inventer des histoires et de fabriquer des livres à l’école, etc. C’est un peu cliché, mais c’est vrai. Cependant, c’est plus une série de hasards et de rencontres qui m’ont conduite à me plonger dans l’édition jeunesse avec mon premier stage dans une maison d’édition jeunesse anglaise. J’y suis allée avec l’idée que l’édition jeunesse serait plus accessible en anglais que la littérature générale. J’avais tout faux et j’ai vite compris que la rythmique de la langue anglaise m’empêcherait de travailler la partie textuelle des albums que la maison publiait. En revanche, j’ai découvert que la littérature jeunesse, c’était aussi une exigence par rapport aux illustrations et au support papier lui-même. Et c’est ce trio texte-illustration-support, qu’on ne retrouve à mon sens dans aucune autre littérature, qui m’a définitivement séduite. Rajoutez en plus les réactions sans concessions des enfants lors qu’ils découvrent un livre et tous les enjeux pédagogiques autour de ces derniers et vous savez tout.

    Comment as-tu choisi les maisons d’édition dans lesquelles tu allais aller ? Ont-elles un lien entre elles, quelque chose qui te réunit à elles ?
    Photo : Actualitté
    Tout d’abord, je tiens à préciser que mon trajet s’est imposé à moi au fur et à mesure des accords avec les maisons d’édition et que je n’ai pas particulièrement choisi les pays dans lesquels je vais me rendre. J’ai commencé par déterminer des aires géographiques qui faisaient sens dans ma tête, à savoir une maison d'édition par continent puis une séparation Amérique du Nord et Amérique du Sud et la délimitation d’un espace arabe à part entière. D’où le chiffre 7. Ensuite ce sont posées de nombreuses contraintes, certaines que je me suis imposées comme le fait de ne pas forcément aller vers des marchés éditoriaux très établis ou connus (je ne voulais par exemple pas aller aux États-Unis ou en Angleterre), d’autres qui se sont imposées à moi comme la barrière de la langue (je pense aux pays qui utilisent des alphabets totalement différents du nôtre comme la Chine, le Japon ou la Russie). De là a commencé ma prospection. J’ai parcouru la liste des maisons d’édition présentes au Salon international du livre jeunesse de Bologne en Italie, je m’y suis rendue pour établir le contact avec certains éditeur·rices. J’ai essuyé quelques refus et quelques échanges d’e-mails plus tard, j’ai finalement réussi à réunir des éditeur·rices de la Terre entière autour de ce projet. Je ne suis pas forcément liée à ces éditeur·rices mais ils ont des similarités : une ouverture vers l’international, une production souvent riche en albums et de fortes personnalités à leur tête (souvent des femmes d’ailleurs).


    Tu pars sillonner le monde à la découverte de nouvelles expériences professionnelles : j’imagine que ce projet va t’apporter beaucoup personnellement mais pourquoi avoir décidé de partager cette expérience avec le monde de la littérature jeunesse française ? Que crois-tu que la découverte de ces autres manières de faire le livre jeunesse puisse nous apporter ?
    Des stages à l’étranger j’en ai déjà fait et je pouvais continuer à en faire toute seule dans mon coin. Seulement, pour moi, tout l’intérêt et le défi de projet résident dans le partage et l’idée d’échange. Avec le grand public d’abord, via le blog ou les réseaux sociaux, pour découvrir et mieux comprendre ce qui se cache derrière la chaîne du livre et le métier d’éditeur·rice (qui reste toujours un fabuleux mythe pour beaucoup de personnes). Et bien sûr aussi avec le monde de la littérature jeunesse française. Cette expérience peut être d’une richesse incroyable car elle permet de prendre du recul par rapport à nos enjeux et à nos questionnements nationaux en matière d’édition jeunesse. En tant qu’éditrice, je pense qu’il est bon de s’interroger lorsqu’on publie un nouveau livre sur les pourquoi et les comment, sur les idées qu’on veut véhiculer et ce qu’on propose à nos lecteur·rices. Beaucoup, vraiment beaucoup, de livres sortent chaque année. J’ai présenté mon projet à la librairie Liragif, la librairie qui sponsorise mon projet, il y a peu et je me suis rendue compte à quel point l’album jeunesse cristallise des questions : quelle matérialité ? quels sujets tabous et quels sujets « à la mode » ? quelles réalités économiques ? … Et ces questionnements sont d’autant plus important à avoir en tête qu’aujourd’hui les ventes et les achats de droits à l’étranger sont partie intégrante de la chaîne du livre et de l’activité des maisons d’édition.

     Soirée de départ de Noémie à la librairie Liragif

    Crois-tu que le livre jeunesse a vocation à parcourir le monde ? Crois-tu qu’il puisse créer des ponts positifs entre nos différentes cultures ?
    Oui j’en suis convaincue. Je crois que l’édition jeunesse jouit d’une plus grande liberté de ton et de forme que n’importe quelle autre industrie culturelle. Cette liberté se reflète dans le travail des artistes, auteur·rices comme illustrateur·rices. C’est un laboratoire d’expérimentation où chacun peut y trouver son compte car chacun parle la même langue, la langue de l’imagination. Lorsque l’on lit un livre pour enfants, tout peut arriver en tournant les pages et on voyage un peu déjà à notre façon. Et cette ouverture d’esprit, elle permet de s’ouvrir à d’autres cultures et de comprendre la différence.

    Tu es également soutenue par un festival et une librairie. Quels partenariats mènes-tu avec eux et quel intérêt trouves-tu à réintroduire dans ton projet ces acteur·rices de la chaîne du livre ?
    Le festival comme la librairie partenaires de ce projet sont liés par un vif intérêt pour la traduction littéraire. Ils vont à la fois suivre mon projet, avec la mise en place d’un espace au sein de la librairie où il sera possible de consulter au moins un album des différentes maisons d’édition mois après mois, et recueillir mon retour d’expérience avec une intervention prévue lors de la prochaine édition du festival de traduction littéraire VO-VF. Grâce à elles et eux, j’ai également pu entrer en contact avec une école primaire qui va également travailler autour de ce projet. Pour moi l’idée de transmission est importante. Et qui mieux que des libraires pour transmettre leur connaissance de la littérature. Et également recueillir les retours de lecture de leurs client·es. L’éditeur·rice est peut-être le premier lecteur ou la première lectrice du manuscrit d’un auteur ou d'une autrice mais le·la libraire est le premier lecteur ou la première lectrice du livre fini.

    Le départ est maintenant très proche… Comment te sens-tu ? Qu’est-ce que tu attends le plus et à l’inverse qu’est-ce qui te fait le plus peur ?
    Je dois avouer que les dernières semaines sont speed. Il faut boucler pas mal de choses en France pour être sûr de partir tranquille. Je suis d’un naturel organisé et calme alors je n’ai plus qu’une hâte : partir. Je suis très enthousiaste par rapport à ce projet et, en même temps, j’ai vraiment envie qu’il devienne concret après près d’un an à travailler dessus. Ce que j’attends le plus est sans aucun doute le départ et ce qui me fait le plus peur est probablement le retour.

    Portrait chinois
    Si tu étais un auteur ou une autrice de littérature jeunesse…
    Jon Klassen, un de mes premiers coups de cœur d’adulte en littérature jeunesse avec Ceci n’est pas mon chapeau. Je trouve ses livres extrêmement intelligents dans leur narration et très beau esthétiquement. Son style est très vite reconnaissable, il est à la fois subtil, concis et se joue de la lumière et de l’obscurité aussi bien dans ses illustrations que dans ses histoires. Et puis cette obsession pour les chapeaux, c’est universel non ?


    Si tu étais une maison d’édition jeunesse française…

    Little Urban et pas seulement parce que c’est la maison d'édition jeunesse qui soutient mon projet ! ;) Leur aventure a commencé il y a deux ans et moi, je les suis depuis quasi le commencement et leur album [chroniqué sur La Voix du Livre1,2,3 on est tous des cats illustré par Jon Klassen (tiens, tiens). Je les ai (un peu) harcelé pour effectuer mon stage de fin d’étude chez elles·eux et j’ai été bluffée par l’énergie et la fraîcheur que toute l’équipe dégage, en interne comme en externe. Et quand je parle de l’équipe, j’y inclus les artistes, les freelances… Il faut voir l’éditrice présenter les prochaines parutions aux libraires ou aux représentant·es, un vrai show. Quand elles·ils ont entendu parlé de mon projet, ils ont tout de suite voulu y prendre part. Et comme ils ne font rien comme tout le monde, ils m’ont demandé d’imaginer des ateliers d’origami relatifs à leurs albums et à leur univers ainsi que des chroniques mensuelles libres sur la littérature jeunesse à travers le monde. J’ai dit oui tout de suite.

    Si tu étais un métier de l’édition jeunesse…
    Ingénieuse papier. Je ne suis pas une folle des pop-ups mais j’aime l’idée d’abolir les frontières du livre et de sortir de la page. En concevant les pop-ups, les ingénieur·ses papier racontent des histoires qui vous sautent littéralement aux yeux.

    Les très beaux livres pop-up de David Carter (Gallimard Jeunesse) — Image : Parfum de livres
    Si tu étais une étape de création d’un album jeunesse…
    Le calage en imprimerie. Je trouve toujours qu’il y a quelque chose de magique à voir un livre se matérialiser devant ses yeux. Pour l’éditeur·rice, c’est quitte ou double, elle·il sait tout de suite si elle·il a pris les bonnes décisions dans les cadrages, le choix de la chromie ou celui du papier. Et puis l’impression, cela désigne des réalités très éloignées, des machines super perfectionnées au collage manuel un à un des pop-ups. Dans le cas de ce projet, j’espère beaucoup avoir la chance de visiter l’imprimerie qui fabrique les livres de l’éditeur indien Tara Books à Chennai. Cet éditeur fabrique des livres entièrement à la main, en sérigraphie. Le résultat est vraiment bluffant.

    Si tu étais une des maisons d’édition dans lesquelles tu vas te rendre…
    Joker ! Pas facile de répondre à cette question. Chaque maison est tellement différente. Pour le côté un peu improbable et le sacré pari que cela a dû être au début, je dirais peut-être Gecko Press en Nouvelle-Zélande. Créée en par Julia Marshall, Gecko Press est une maison d’édition anglophone dont la particularité est de publier principalement des œuvres achetées à l’étranger. S’il est commun en France d’acheter des titres anglo-saxons pour les traduire en Français, l’inverse est beaucoup plus rare. D’où une grande exigence de l’éditrice lorsqu’elle achète des titres.

    Si tu étais un pays dans lequel tu te rends…
    Le Chili je pense. Une terre de contrastes et d’extrêmes entre cercle polaire et tropique, entre littoral et montagne. Des fleurs qui poussent parfois en plein milieu du désert de l’Atacama à Valparaíso. Ce pays me fait de plus en plus rêver. Et puis tou·tes les Chilien·nes que j’ai pu croiser dans ma vie étaient super sympa. J’espère qu’il en sera de même sur place.

    Si tu étais une des personnes que tu as rencontré autour de ce projet…
    J’avoue avoir de l’admiration pour toi et ton blog. Ça me rassure de voir que l’édition jeunesse est toujours le théâtre d’une ébullition d’idées et d’envies en tout genre. L’édition jeunesse est en réinvention permanente dans sa création et dans sa transmission. J’ai confiance dans les artistes pour créer des livres de plus en plus fous. Mais j’aime aussi à voir des médiateur·rices du livre se dévoiler et se réinventer à l’infini. Les blogueur·ses le font très bien en nous rapprochant des œuvres et de leurs auteur·rices. Et je suis très fière et contente que tu aies accepter de faire partie du projet ! ;)

    Le projet 7 lieues & 1 livre vous intéresse ? N'hésitez pas à suivre son aventure sur les différents sites et réseaux sociaux de Noémie :

    Tour du monde de l'édition jeunesse | 7 lieues & un livre

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  • Quatre albums aussi beaux que singuliers pour voyager, s'émouvoir, s'émanciper et surtout S'ÉMERVEILLER !
    AVERTISSEMENTS :
    • L’article qui va suivre comporte des dangers pour votre portefeuille, carte bancaire, chéquier ou tout autre moyen de paiement. L’auteur de ce billet ne pourra en aucun cas être tenu responsable de déficits bancaires ou dépassement de découvert autorisé.
    • Les livres présentés ci-dessous sont de très beaux albums / objets / textes. Ils contiennent d’importants talents littéraires et artistiques et une grande beauté visuelle. À hautes doses, ces éléments, même si naturels, peuvent provoquer des troubles manifestes repérables à l’observation de différents symptômes : souffle coupé, yeux qui brillent et une vague impression de détachement de soi.
    Vous voilà prévenu·es.
    Alors place à quatre livres aussi beaux que singuliers, garantis 100% effet « WOW ! ».


    Le phare à voile, quand la poésie rencontre l’océan
    Mickaël El Fathi avait déjà enchanté la littérature jeunesse avec deux albums dont l’étonnant mais salvateur (tant esthétiquement que dans son message) Moabi. Cette année, il revient avec une aventure maritime et poétique qui touche, embarque loin et émerveille.


    Dans cet album aux couleurs minutieusement choisies, entre tons froids et chauds qui se mêlent, entre profondeurs maritimes et lumières qui se croisent, cet auteur-illustrateur-voyageur raconte l’histoire d’un gardien de phare qui se voit obligé de partir, avec son phare, sur la mer, quand un poisson volant embarque en sautant trop haut sa lumière.

    Grande invitation au voyage, cette histoire imagine un prétexte aussi surprenant que poétique afin de partir pour vivre, ressentir et s’occuper de soi, autant qu’un prétexte à voyager. Le voyage commence en images avec ce travail d’artiste sur les couleurs, les matières, les paysages et les frontières parfois floues entre ciel et mer, entre jour et nuit, entre horizons et fantasmes. L’album, unique, est d’une beauté à couper le souffle, aussi renversante que face à l’océan : on ne peut que se taire et garder dans ses recoins les plus intimes les quelques mots qui complètent le graphisme époustouflant et nous entrainent, eux aussi, ailleurs.

    • Chaque double-page comme un tableau d’ambiance, une fenêtre ouverte ;
    • La lumière, cherchée et fantasmée, métaphorique et poétique, parcourant chaque illustration avec une subtilité inégalée, avec un travail graphique hypnotisant ;
    • La mise en page du texte, qui suit les vagues et les clins d’œil d’édition à cet objet littéraire d’exception (« Peut contenir des traces d’embruns ») ;


    En bref le mariage parfait entre littérature et illustration, entre fonds et forme… Tout participe à offrir au lecteur ou à la lectrice un voyage poétique, lumineux et immanquable.

    Le renard et l’étoile, pépite d’innovation graphique
    Cette tendre histoire d’amitié entre un renard et une étoile est portée par un texte simple mais dense racontant avec tendresse la perte d’un être cher et un apprentissage lent, douloureux parfois, mais lumineux de soi.


    Le renard et l’étoile est un album imaginé par une graphiste de renom aux États-Unis. Son expérience et son univers au départ éloignés de l’album jeunesse lui donnent un style particulier absolument unique. Elle travaille avec minimalisme sur ses images, avec un travail de motifs, d’ombres, de lumières, de trompe-l’œil parfois… Tout est dans le symbolisme ce qui donne à ses images une certaine puissance poétique et évocatrice, une force universelle indubitable. Certaines images respirent sans texte et la narration, ralentie dans ces double-pages, donne plus de puissance encore à l’instant.


    Avec Le renard et l’étoile, Coralie Bickford-Smith invente une nouvelle façon de faire un album et de raconter une histoire. C’est tendre, magnifique et ça se découvre avec émotion à tout âge.

    Graou, une ourse en réalité augmentée
    Qu’est-ce qui fait de Graou n’a pas sommeil un album singulier, pas comme les autres ?

    • Une héroïne libre !

    Graou est UNE ourse. Et elle n’a ni couette, ni robes et veut être libre et indépendante. Quel plaisir de croiser dans un album pour enfant un personnage animal (qui donne souvent une valeur de neutre au personnage) qui ne soit pas masculin (qui est toujours le neutre) et pour un thème qui ne soit pas spécialement un thème dit « féminin » (l’amour, les robes, la maternité et autres activités liées au foyer).


    Cet album raconte avec tendresse le parcours d’une ourse qui fait ses propres choix même s'il est différent des autres et même si on ne lui ait jamais appris à le faire. Ainsi, on peut même interpréter ce très beau parcours d’émancipation comme celui d’une émancipation féministe… et cette lecture parmi d’autres est la preuve de la richesse non pas seulement du style mais aussi du fonds de Graou n’a pas sommeil.

    • Un graphisme moderne et VI-VANT

    Le style d’Anne Vasko est aussi riche qu’il est abordable. L’illustration est un merveilleux binôme au texte grâce à une construction efficace des images et de leur narration. L’illustratrice donne ainsi corps à l’histoire avec personnages extrêmement expressifs, rendus attachants en quelques traits et couleurs.


    Elle travaille aussi avec minutie ses couleurs et fait notamment correspondre, pour rendre plus vivant encore le texte, les paysages et les fonds avec les émotions de Graou. Ses paysages d’ailleurs sont la cerise sur le Graou : ils se contentent souvent de peu mais avec un art du détail qui émerveille autant qu’il émeut.


    • Un album en réalité augmentée

    C’est le clou du spectacle : l’album est en réalité augmentée. Une nouvelle preuve que la forme est en adéquation avec le fonds car la curiosité de Graou face au monde devient celle du lecteur ou de la lectrice face à ce monde imaginaire...
    Avec l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, et d’un petit oiseau qui indique les pages augmentées, le livre et l’application associées plongent le lecteur ou la lectrice au cœur de l’univers de Graou. Ce monde coloré et fascinant sort de son support pour envahir votre lieu de lecture.
    Une très belle manière, ici utilisée de manière subtile et élégante, d’imaginer d’autres façons de raconter des histoires.
    (Seul bémol, il faut un téléphone assez récent ou une tablette pour télécharger l’application allant avec l’album… mais vous pouvez, de toute façon, savourer le livre même sans réalité augmentée !)


    La Milléclat Dorée, à la poursuite de l’imaginaire
    Un autre renard est à l’honneur dans cette sélection ! Cette fois-ci, il part à l’exploration du monde avec un regard bien différent : celui d’un scientifique, d’un curieux, d’un découvreur, d’un dénicheur de trésor naturel


    À travers la quête de Renard qui cherche (en vain) la milléclat dorée, le lecteur est guidé par cette exploration minutieuse et renseignée de notre monde. Des planches documentaires parcourent cette histoire et transforment cet album au personnage archétypal mais pourtant attachant en une savoureuse balade documentée.


    Le style graphique de Benjamin Flouw est extrêmement original. Sa géométrie numérique, ses formes jamais rondes (ou presque) et ses couleurs très modernes n’empêchent pourtant pas la finesse du trait, la richesse des illustrations et la poésie de certains paysages.


    Le point d’orgue de cet album est, bien entendu, la découverte de la Milléclat dorée qui, pourtant, n’existe pas. C’est précisément dans ce savant mélange entre documentaire et balade fictionnelle d’un renard en quête d’une fleur qui n’existe pas que Benjamin Flouw réussit son pari : il mélange avec finesse et poésie réel et imaginaire. De quoi rappeler pourquoi l’un est indispensable à l’autre et qu’il faut parfois garder une part d’imaginaire, en haut d’une montagne ou dessinée dans un carnet, pour continuer à savourer notre monde.

    D’autres conseils encore ?
    Si vous n’avez toujours pas trouvé votre bonheur avec ces quatre albums, je vous propose quelques bonus…


    Un album dont la simplicité fait toute la profondeur du texte et de l’illustration, entre philosophie illustrée, doux développement personnel et histoires pour enfants. À dévorer seul ou à plusieurs !


    Un documentaire unique, moderne et élégant pour entrer dans l’histoire des couleurs… et bien plus encore !


    Un recueil (essentiel aujourd’hui) de femmes fortes à travers les époques et le monde à raconter aux filles et aux garçons pour leur montrer à quel point être une femme ne veut pas dire ne rien accomplir. Des textes parfois faibles mais soutenus par un riche panel d’illustratrices dont le cocktail est réussi. À offrir largement !

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    Un gardien de phare vit paisiblement en haut de sa tour, prenant soin de tous les bateaux qui longent la côte. Un jour, un poisson volant s’emmêle les nageoires dans la lumière de son phare et l’emporte avec lui. Alors avec ses draps, une nappe et des rideaux fleuris, le gardien transforme son phare en bateau et se lance à la poursuite de ce poisson voleur de lumière tout autour de la terre. Va-t-il réussir à rattraper sa lumière, et comment les bateaux vont-ils se débrouiller sans lui ?
    De Mickaël El Fathi

    Éditions La Palissade
    48 pages
    16 €

    Aussi loin que Renard s'en souvienne, il n'a jamais eu qu'une amie, l'Étoile, qui guide ses pas chaque nuit dans la grande forêt. Un soir, la douce lumière de l'Étoile n'apparaît pas. Et Renard doit affronter seul l'obscurité. Perdu, attristé, il se met en quête de son étoile. Ce faisant, il explore les bois et découvre un superbe ciel étoilé. Heureux et rassuré, il trouve son propre chemin à travers la forêt. Une magnifique histoire sur l'amour, l'amitié, la perte d'un ami et la route sinueuse vers un nouveau bonheur et la connaissance de soi.
    De Coralie Bickford-Smith
    Éditions Gallimard Jeunesse
    64 pages
    15 €


    Un album merveilleux accompagné d'une Appli pour plonger dans l'univers magique de Graou.

    Dans la forêt, tous les ours dorment. Tous sauf Graou. Le temps est long au milieu des ours qui ronflent. Pourquoi faut-il dormir ? Parce que tous les autres le font ? Graou décide de sortir de la tanière…
    Avec ce livre et une tablette, tu peux aussi plonger dans l’univers de Graou. Comme Graou, suis l’oiseau (écoute-le, il te guide !), joue dans les feuilles, cherche l’écureuil qui monte dans l’arbre, dessine la Grande Ourse, joue de la musique avec les fleurs et les étoiles… Tu verras, c’est magique !
    L’application qui accompagne le livre est produite et développée par Step In Books. A télécharger gratuitement en flashant le QR code qui se trouve sur l’album.
    De Kaisa Happonen et Anne Vasko
    Éditions Nathan Jeunesse
    40 pages
    13 € 90

    Renard est un amoureux de la nature. Dans son salon, il collectionne les plantes et les livres de botanique. Un soir, il découvre dans l’un d’eux l’existence d’une fleur mystérieuse : la milléclat dorée. Très rare, elle ne pousse que dans la montagne et personne n’a encore eu la chance de l’observer. Il n’en faut pas plus à Renard pour se lancer : voilà la grande aventure qu’il attendait ! Demain, il s’enfoncera dans la montagne à sa recherche !
    De Benjamin Flouw
    Éditions La Pastèque
    48 pages
    13 € 

    Au retour du printemps, Björn se réveille. Le monde a un peu changé pendant l’hiver. Six nouvelles histoires tendres et drôles, où notre ours et ses amis de la forêt découvrent un peu plus le monde des humains.
    L’herbe est en train de verdir, la brise va bientôt être tiède. À son réveil, Björn découvre une tortue près de sa caverne. Elle aussi vient d’hiverner et elle a une multitude de rêves à raconter ! Nouvelle dans la forêt, Björn lui fait découvrir son chez lui, jusqu’à l’arrivée de ses amis. Une fois que tout le monde a raconté son hiver, les animaux peuvent retrouver leur routine… Mais c’est sans compter sur l’apparition de ce boîtier qui parle et clignote, l’organisation d’un pique-nique en intérieur, un après-midi à la piscine avec Ramona, l’arrivée d’un nouveau dans la forêt et surtout… le voyage en bus !
    Après le succès de ses six premières aventures, Björn continue de nous apprendre à apprécier la beauté des petites choses qui font les grands bonheurs.
    De Delphine Perret
    Éditions Les Fourmis Rouges
    64 pages
    12 € 50

    Cruschiform nous convie à un fabuleux voyage au pays des couleurs : mauve, fauve, blanc polaire, lait glaciaire, barbe à papa, fleur de sakura, bleu ciel, fleur de sel... Chemin faisant, nous perçons les secrets de ces nuances qui nous enchantent. D'où vient l'indigo ? À quoi sert le brun de momie ? Quel est le point commun entre une fraise et une feuille d'automne ? Ce merveilleux nuancier nous donne à voir, à apprendre et à rêver l'univers poétique des couleurs grâce à 133 nuances soigneusement choisies par l'auteur.
    De Cruschiform
    Éditions Gallimard, collection Giboulées
    280 pages
    25 € 


    Mieux que tous les livres de contes de fées : Elles sont pirates, scientifiques, espionnes, sportives, chanteuses, guerrières, reines, romancières… 100 femmes aux vies extraordinaires qui brisent les stéréotypes et encouragent filles et garçons à suivre leurs rêves.
    Ce livre a été un immense succès dans tous les pays où il est paru : n° 1 des albums jeunesse aux USA et en Angleterre, n° 1 des livres en Italie. Déjà plus de 500 000 exemplaires vendus… V
    oilà les histoires que nous devrions lire à nos filles… et à nos garçons !
    De Elena Favilli et Francesca Cavallo
    Éditions Les Arènes
    212 pages
    19 € 90

    Contemplations littéraires : des albums à l’effet « WOW ! » garanti

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