• Posté par : Tom 11 nov. 2014

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    Alors que le domaine de Rêverie s’est effondré, Sédentaires et Sauvages tentent tant bien que mal de cohabiter dans les grottes où ils se sont réfugiés. Mais les ressources s'épuisent et le départ devient inéluctable, même si les tempêtes font rage au dehors. S’ils veulent survivre, il leur faut rejoindre le Calme Bleu, un lieu encore épargné par les ravages de l’Ether. Pour cela, Perry et Aria, plus unis que jamais, doivent délivrer Cinder, un mystérieux garçon qui peut contrôler l’Ether. Il est retenu prisonnier par Sable, le cruel chef de la tribu des Cornans…


    Par Veronica Rossi
    Aux éditions Nathan Jeunesse
    16€90
    368 pages
                   
     ◄►◄►◄ Chronique ►◄►◄►


                    Vous vous souvenez ? L’an dernier Never Sky et Ever Dark figuraient dans les coups de cœur de l’année pour une « sage unique, renversante », une «  dystopie qui ravage tout […] On implose à chaque page, parfois on explose. » Bref, il s’était passé quelque chose avec cette saga, comme un trop plein d’émotions qui surprend et surgit, sans crier gare. Ainsi, après une telle explosion, on en attend beaucoup du dernier opus qui doit clore une aventure sensationnelle et attachante… Malheureusement, ce troisième et dernier tome est loin d’être aussi fort que les premiers. Excusez-moi le « je », mais peut-être ai-je trop changé en un peu plus d’un an pour ressentir autant de choses ? Ou est-ce tout simplement que ce dernier tome a été bâclé, l’auteure se reposant sur ses lauriers, et créant la fin que tout le monde attendait… mais le problème, avec une telle fin, c’est qu’il n’y a aucune surprise… et qu’on finit par s’ennuyer.



             Une fin tuée d’avance


                    Ca commençait plutôt bien. Aria se réveille et sort enfin d’une tente qui l’abritait pour qu’elle puisse guérir correctement son bras. Là, se dresse l’héroïne amochée, qui se veut résistante, mais pas trop, qui cherche juste à offrir à ceux qu’elle aime un peu d’elle-même. On est fort de retrouvailles, fort d’un quelque chose d’adieu qui traîne dans l’air. Mais très vite tout dérape. Le plan qui doit les sauver est ingénieux mais à partir du moment où il rate, l’intrigue rate aussi.


                    En fait, là est le problème. Veronica Rossi se met soudain à suivre un schéma d’histoire bien trop vu et revu. Les scènes qui sont écrites ne sont pas toujours les mêmes, mais on les connaît : on sait ce qu’il va se passer, on connaît les motivations des personnages et leur soit disant profondeur qu’on découvrira au fil du roman. On a finalement cette sensation assez décevante qu’on nous prend pour des idiots, comme si on était surpris par des choses en aucun cas surprenantes. Il est difficile d’aller si loin dans ses propos mais pourtant, ça va parfois jusqu’au niais.


                    « Ils avaient passé toutes leurs nuits de la même façon, à échanger des heures de sommeil contre des conversations et des baisers, pour profiter de chaque minute ensemble. »


                    Et finalement, même si reste triste cette sensation de déjà-vu, d’une histoire plus réécrite par des clichés et des scènes toutes faites, on reste un peu accroché à l’intrigue et ses personnages. Oui les phrases sont faciles, écrites par quelqu’un qui aurait pu être autre, mais on ne peut s’empêcher de s’y attacher quand ils sont en danger, se cherchent et se retrouvent, dans une danse délicate.



                    Un fond humain


                    En fait, il y a quand même quelque chose qu’on arrive à déceler dans cette dystopie. Alors qu’elle perd pratiquement tout son charme, oubliant le voyage, la quête initiatique et le fantastique, elle n’omet pas, par volonté ou non, de parler de quelques choses un peu plus sensées, profondes.


                    D’abord, il y a des personnages qui retiennent un peu plus l’attention, qui échappent un peu au schéma narratif « bateau ». Roar, dans son élégance, suit parfois les sentiers battus et rebattus, mais arrive, fidèle à lui-même, à parfois en tracer un seul. Il mène un peu le jeu, dans ce tome, rythmant l’évolution de chacun alors que lui s’effondre puis se relève. Il a un charme désuet, une impertinence calme et sincère. Il offre un regard différent sur une humanité un peu lasse. Cinder, lui, s’offre le luxe du martyr. Le monde se met à tourner de lui, autour d’une enfance à qui on en demande trop et qui soudain disparaît. En fait, c’est celui qui grandit le plus, et qui s’arrime à la vie, à l’entre-deux, à une fin calme et sibylline : comme on s’endort.


                    De plus, il y a des réflexions qui bousculent un peu la monotonie du livre. Quand Sable et Peregrine discutent, on réfléchit à notre monde politique, alors qu’ils en parlent, qu’ils parlent du fait d’être chef et de ses difficultés. Il y a une réflexion sur la démagogie d’un chef et sur l’humain : sommes-nous « des créatures faibles et envieuses », « perpétuellement insatisfaites », ou simplement « imparfaits » mais pas aussi malvenus ? En fait, ça a un fond parfois trop facile, mais cette discussion rehausse un peu l’histoire. Soren, plus loin dans le livre, s’interroge sur notre humanité et le fait de chercher à perpétuer dans le Calme Bleu notre espèce : « Et nous sommes ceux sur qui notre nouveau départ repose ? Comment pourrions-nous incarner l’espoir d’un monde nouveau ? » Il délivre un message qui pose des questions, qui interroge sur notre volonté de perpétuer toujours et encore notre espèce. Ici, c’est notre instinct de survie qui nous mène, et finalement Soren se demande si ça en vaut vraiment la peine, alors que se multiplient jeux de pouvoir, explosions et retombées. L’espoir est quelque chose d’humain qui est retranscrit avec force dans ce livre : ne pas dire « si on  s’en sort » mais « quand on s’en sortira ».


                    Ainsi, même si le message est peut-être en un sens peu original, il contraste, fonctionne, et présente quelque chose de plus complet, et qui approfondit le livre. Finalement, le Calme Bleu est le paradis rêvé par chaque personne, chaque humain. Il incarne l’espoir, et l’idée que chacun a droit à son calme bleu. Son paradis, son lieu où il pourra -enfin- se reposer.




                    Ainsi, Always Blue conclut avec une grande maladresse la trilogie de Veronica Rossi. Très décevant, il reproduit un schéma narratif connu et qui ennuie, relevé, fort heureusement par quelques réflexions plus humaines, et des personnages qui sortent de sentiers déjà parcourus. On s’est attaché à Perry, Aria et leurs amis, mais on les quitte, malgré notre attachement toujours présent, avec une note bien trop malheureuse. Néanmoins, on en ressort avec cette question : a-t-on tous droit à notre Calme Bleu ? Et où est-il ? 

                   
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    - Des personnages qui restent attachants
    -Quelques réflexions humaines

    ◄►◄ LES - ►◄►
    -A perdu le charme de la série
    - Vu et revu, avec des clichés
    - Une fin classique
    ◄►◄ EN BREF ►◄►
    Un dernier tome décevant malgré une saga étonnante.

    "Et soudain, Liv fut partout, dans l'air frais de l'océan, les vagues qui se fracassaient, la douleur qui poignardait son coeur et menaçait de le briser."
    "Et puis je me souviens que c'est tout ce qu'il nous reste. Que le réel est tout ce qui reste."
    "Ils avaient passé toutes les nuits de cette même façon, à échanger des heures de sommeil contre des conversations et des baisers, pour profiter de chaque minute ensemble."
    "La peur est dangereuse. Elle engendre la violence plus vite que la colère."

    Belette s'exprime...

    "J'aime ces personnages mais même s'ils m'ont ému, ils m'ont déçu dans ce tome... je vous conseille cette saga mais écrivez votre propre fin, non mais oh !"









    Autre chose ?
    La bande-annonce du tome 1 !



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