• Posté par : Tom 17 sept. 2014


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    Gaspard a treize ans. Gaspard rêve… Il rêve que son père revienne. Car cela fait plusieurs semaines que le père de Gaspard n’est pas rentré à la maison. Alors Gaspard décide de partir, sans en parler à sa mère qui est si triste, en disant seulement à son petit frère : « J’ai décidé d’aller chercher Papa… » Mais Gaspard ne s’en va pas seul. Sur la route, il rencontre un compagnon de voyage pas comme les autres : Honoré, dit Néné, qui devient vite un ami, comme un double-pour-la-vie. Et puis il y a aussi cette autre compagne, cette petite musique au son de laquelle il s’enfonce, chaque nuit, dans un monde parallèle de rêves et de cauchemars. Là, c’est comme un double-de-lui que Gaspard côtoie, avec lequel il va approcher toutes ses peurs, jusqu’à la dernière… Gaspard des profondeurs est le récit unique et inédit en littérature jeunesse de la quête d’un père et de la conquête de soi. Entre roman initiatique et récit d’aventure, la naissance d’un nouveau talent… profond!


    Par Yann Rambaud
    Aux éditions Hachette
    304 pages
    15,90 €

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                    Yann Rambaud est nouveau venu dans la littérature jeunesse, avec son roman Gaspard des Profondeurs, il marque son premier pas dans cet univers un peu particulier. Comme on dirait : un petit pas pour lui, un grand pas pour la littérature jeunesse. Il la comprend avec tact et écrit sans se défaire du rythme ou des vers qu’il usait avant - il était chanteur et compositeur pour un groupe - un roman tout en douceur, en folie et en peur. Partez à la découverte d’une forêt enchantée, d’un monde en fuite et d’une amitié tendre et passionnée.

                    Gaspard, 14 ans, décide de partir. Il s’en va avec son sac, en quête d’un père perdu, qui semble l’avoir abandonné, lui et toute sa famille, avec toute la froideur du monde, pour seule parole encore présente un bip régulier et infini sur un répondeur électronique. Son frère Simon lui rend un étreinte maladroite à son départ, sa mère, absente devant sa machine à coudre, ne le sait pas encore. Il est parti, et le voilà sur des routes nouvelles, en quête de quelque chose de peut-être bien trop grand pour lui.

                    Dès les premières pages on est emporté par cette prose telle un conte, qui met en scène Gaspard dans sa plus tendre folie : sa fugue, et ses rêves les plus pétillants. Alors qu’il part pour retrouver son père, on tremble pour lui, on tremble pour la fin : que va-t-il se passer ? Yann Rambaud sait construire son récit : l’aventure commence aux premiers appels de mots, et voilà la route qui se profile. En parallèle, Gaspard commence à rêver. Des rêves bien trop réalistes, qui déteignent sur l’ « Extérieur ». Il rêve d’arbres qui parlent, de Mamie et Dr Cot, qui réparent les êtres brisés dans cette forêt immense où les 4 saisons se côtoient. L’aventure est là, dans deux mondes différents qui se superposent sans qu’on en saisisse le sens : que sont-ils, ces univers ? Dépendants l’un de l’autre ? Il semblerait bien.

                    Puis Gaspard rencontre Honoré, à qui il ne dit rien de ses rêves un peu fous, mais avec qui il part et lie une amitié sans nom. On comprend la force de l’enfance, un peu adolescente, qui confrontée à l’autre donne sa confiance et partage un peu, beaucoup, ou encore plus. Yann Rambaud écrit une amitié à laquelle on s’attache, dans laquelle on se retrouve comme on espère. Ils s’épaulent, et résonne dans ces mots toute la force d’une solidarité qui sensible à l’enfance sait plus qu’à n’importe quel âge s’épanouir. Tandis que Néné va aider Gaspard à trouver son père, il part avec lui pour voir la mer.

                    Mais finalement, face à ce duo un peu particulier, complémentaire et tendre, auquel on s’attache avec ferveur, il y a le fond. On croit au départ à une aventure farfelue, un peu folle, inventive, avec ce monde plein d’imagination, d’originalité et de force, mais qui se contente d’elle-même pour emmener son jeune lecteur, ou un adulte, dans une aventure qui fait rêver, qui reprend des fantasmes de gosse avec rires et larmes de joie. Puis on comprend que se cache derrière les mots des choses sans mots, des peurs, du noir qui surgit peu à peu dans l’intrigue. Tout devient plus intense, plus sombre, la lumière disparaît et devient une clarté des mains liées de Gaspard et Néné qui continuent d’être ensemble. Au fur et à mesure, le monde enchanté de Gaspard se confronte au monde de Néné, et la peur saisit, et toute la détresse de chacun des deux qui ressurgit. Yann Rambaud parvient à emmener des sujets durs dans un roman drôle et farfelu. C’est délicat, c’est emmené avec justesse et ça prend aux tripes quand on comprend les choses.

                    Finalement, quand Mamie déclare « oui, ce sont aussi des humains », on comprend que l’auteur nous décrit toute l’horreur humaine dans un récit où tout est métaphore. On comprend les sujets graves par des yeux enfants, on voit les grands méchants qui s’attaquent aux gentils, les peurs refoulées transformées en fantastiques créatures à combattre jusqu’à la mort. Yann Rambaud nous ramène à nos peurs et à l’horreur humaine avec le regard d’un enfant sur un monde qu’il ne comprend plus.


                    En conclusion, Yann Rambaud fait une entrée talentueuse dans la littérature jeunesse : il parvient à traiter des sujets qu’il amène du bout des doigts dans une aventure un peu folle qui prend en main deux amis liés comme des frères. Finalement, il nous parle de l’horreur humaine dans sa plus vile folie, et de nos peurs, nos malheurs, nos mauvais coups que nous avons tous en nous. Chacun a sa Bêtimonde qu’il ne veut pas affronter. Il le faudrait pourtant, mais peut-être avons-nous toujours besoin de quelqu’un pour nous aider ? Yann Rambaud écrit ainsi un roman juste, profond, où dans la folie de gamins en fuite et la fantaisie de mondes enfantins, il raconte l’enfance, et la fin de ce parcours délicat qui peut se faire avec brutalité, face à la noirceur d’un monde trop grand pour deux enfants. C’est intense, et bouleversant.


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    - Un univers farfelu et unique
    - Une amitié tendre et attachante
    - Une fin intense
    - Une écriture touchante
    - Une description tendre et sombre d'un monde noir

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    Yann Rambaud écrit ainsi un roman juste, profond, où dans la folie de gamins en fuite et la fantaisie de mondes enfantins, il raconte l’enfance, et la fin de ce parcours délicat qui peut se faire avec brutalité, face à la noirceur d’un monde trop grand pour deux enfants. C’est intense, et bouleversant.

    "Il n'y a qu'une chose à faire dans cette vie : être ce que nous sommes. Le reste n'est qu'illusion."
    "L'amitié, Gaspard, est une chose extrêmement précieuse qui a besoin d'être soigneusement entretenue. Comme un jardin."
    "Vous êtes tous les deux en quête. Chacun d'une chose différente, mais en vous épaulant l'un l'autre. C'est cela, la définition exacte de l'amitié."


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    { 3 commentaires... lisez les commentaires ou Commentez }

    1. Bon, j'avais envie de le lire... Maintenant j'ai encore plus envie de le lire. Je trouve que les compositeurs font des supers auteurs. Il suffit de voir Mathias Malzieu....

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      1. HAAAA SUPER !
        Oui en effet je n'avais même pas remarqué ♥ ils ont la musique des mots dans la tête...

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    2. Ce roman a l'air passionnant! Le titre et la couverture sont magnifiques... :)

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    Alex la Belette et moi, on aime bien les commentaires ! Ça nous donne de l'audace !
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