• Posté par : Tom 13 mars 2014


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    Vous pensiez être au Paradis ?
    Un gigantesque atoll, des plages de sable fin, une eau turquoise...
    Un mur infranchissable.

    Il vous faudra d'abord vivre en enfer :
    Article 1 : Tout contact physique, toute marque d'amour sont proscrits.
    Article 2 : Il est interdit de chanter, d'écouter ou de faire de la musique.
    Article 3 : Quiconque se livrera à ses activités illicites sera mis à mort.

    Vous n'êtes personne.
    Vous apprendrez à obéir.


    Par Carina Rozenfeld
    Aux éditions Robert Laffont - Collection R
    468 pages
    17,90 €

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                    J’ai beaucoup attendu ce livre… Le nouveau Carina Rozenfeld. Vous savez à quel point j’en suis fan. Néanmoins quand je l’ai eu, entre le bac blanc, la maladie, les vacances j’ai, d’une part, mis du temps à le lire, et d’autres part, mis du temps à écrire cet avis. Mais je l’ai lu. Oui, je l’ai lu. Sachez que ce livre m’a habité durant tout le long de ma lecture, et après. Sachez que ça a été une découverte incroyable. Sachez que c’est l’un des meilleurs de l’auteur. On entre dans une histoire forte et sensible, qui vous offre un panel d’émotions et des personnages… incroyables. Je vous propose d’y entrer, la porte n’est que le début d’un monde merveilleux… et pourtant terrifiant.

                    Abrielle vit dans une société qui l’oppresse, où la musique est interdite, où la vie se déroule sur un schéma très précis… Sa et Ca vivent dans un monde sans vie : l’amour y est interdit, et pourtant, ils s’aiment. Sans qu’ils ne s’y attendent, ces personnages vont être lancés dans une aventure à laquelle chacun d’entre eux ne s’attendait pas.

                    J’ai eu beaucoup d’attentes dans ce livre, et elles ont été remplies avec justesse et habilité, une habilité qui prouve une nouvelle fois le talent de Carina Rozenfeld.

    Dès le début et jusqu’à la fin, on plonge dans une histoire très belle, délicate, et en même temps vertigineuse, tumultueuse. On est plongé dans un flot de rebondissements, des vagues de sentiments qui viennent donner à l’intrigue un volume incroyable, comme un souffle puissant et ravageur. Et le monde créé est sensationnel : une dystopie aux airs paradisiaques et pourtant pas tant que ça… et quel est cet Anneau ? Pourquoi ce mur ? Que s’est-il réellement passé quand le père d’Abrielle a disparu ? Les questions se glissent en nous et y restent… Et alors, quand l’histoire est finie, après avoir alternée entre tempête invincible mais courtes, et mer calme et d’un reflet de ciel, d’âmes, incroyable, on est… dépouillé de toute force. On est simplement écorché par ce livre, comblé. Et on se questionne, encore et encore. On en ressort indemne, mais nos plaies encore à vif nous reste quelques jours sur la peau. Veut-on vraiment les oublier ?

    Pas sûr. Parce que c’est comme un souvenir d’une bienheureuse traversée… on vit pendant un long moment dans cet Anneau incroyable, aux allures de rêve mais pourtant pas si rêveur… Tout semble vrai. Tout est fort. Et ca fait presque peur : comment vivre sans l’amour, comment vivre sans la musique ? C’est ce que l’auteure défend dans ce livre et c’est si bien travaillé, abordé et traité. Avec précision et vérité, elle nous parle de thèmes qui sonnent juste. Roman sur l’incroyable sensation de liberté, roman sur la vérité de la musique, des arts ou de l’amour, roman sur la vie. Comment vivre sans tout ça ? Et comment vivre avec ?

    Une leçon de vie, teintée de sel, d’amertume, de poésie et de beauté et au style est implacable, adroit. Carina Rozenfeld prouve encore toute l’intelligence de ses mots dans ce roman, toute l’admiration qu’on doit lui vouer pour choisir chacun avec une finesse impeccable. Transportés de bout en bout par des sentiments incroyables, l’écriture nous fascine : elle est toujours aussi belle, aussi éclatante. On se retrouve accroché à ce roman, et on plonge dans des abysses somptueux ou l’on se glisse comme dans un lagon éblouissant.

    Et alors, l’attente a été comblée. Réellement comblée par ses sentiments vertigineux, cette histoire juste et talentueuse, ce style très beau et plein d’émotion et ces questions abordées avec soin et intérêt. Mais plus que cela, il y a les choses auxquelles on ne s’attend pas, qui charment, renversent, emportent encore plus loin et au-delà des murs, même plus haut que celui du livre. Un vent nouveau a soufflé sur les pages : les personnages.

    Ils ont commencé avec un certain aspect malheureusement moins enchanteur : Abrielle est forte et sincère, attachante et douce, mais ne changeait pas trop de certaines héroïnes qu’on peut découvrir dans la littérature jeunesse. Tout comme les autres protagonistes qui l’entouraient dans la première partie, qui, même si étant attachants ou repoussants comme il le faut et très bien travaillés, étaient pourtant parfois stéréotypés. On retiendra tout de même la mère, sensible et droite, surprenante et attachante…

    Puis vient Ca, et Sa. Ils débarquent comme une rose pousse au milieu d’un champ, seule. Ils débarquent comme un vaisseau arrive sur Terre. Et soudain tout change : l’air du livre, sa couleur, son goût, ses idées, ses mots… se mêlent alors ces histoires qui font que tout devient plus fort, différent. On tombe peu à peu amoureux de ce couple incroyable, on se prend d’affection pour cette histoire sensible et crédible. L’Amour est incroyable. Chaque mot les écrit avec justesse, chaque ligne les invente avec beauté. Et le tout nous emporte à leurs côtés. Tout d’un coup vous êtes près d’eux, et tout d’un coup tout a un aspect lumineux. A un moment, vous vous sentez chez vous, tellement bien. Cette sensation incroyable que vous avez quand vous êtes dans votre jardin, au soleil, et que vous pensez que le monde est incroyablement beau.

    Finalement, c’est un roman merveilleux sur l'amour, sur la vie, sur la différence, sur soi. C’est un roman qui vous emporte dans une aventure incroyable, dans des aventures fantastiques et douces. Et c’est surtout un roman qui par l’harmonie de ses mots, l’authenticité de ses décors et de son histoire, nous charme pour toujours. Vivre n’a jamais été aussi important, aimer n’a jamais été aussi incroyable, difficile et facile à la fois. Un roman qui nous montre comment vivre avec l’amour, la musique, ou comment vivre tout court. Incroyablement juste, et terriblement somptueux.

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    - Sa et Ca, deux personnages incroyables
    - Une intrigue puissante
    - Des rebondissements et un univers intriguant et détonnant
    - Une style implacable et poétique
    - De l'émotion ♥
    - Des thèmes traités avec justesse

    ◄►◄►◄ LES - ? ►◄►◄►
    - Quelques personnages parfois un peu stéréotypés malgré l'attachement qu'on s'en fait ou le très bon travail

    ◄►◄►◄ EN BREF ►◄►◄►

    Incroyablement fort et sensible, ce roman sonne juste dans toute sa virtuosité.


    "Le vent cascade le long du Mur, presque en silence. Une brise caresse la surface de l'eau, la plissant à peine. Le cri des mouettes, tournant là-haut, se mêle aux rires des enfants. Ce sont les seules musiques autorisées. Les seules notes qui résonnent dans le village.
    Le reste n'est que réminiscences..." -P9
    "- Tu écoutes les réminiscences, elles sont en toi et tu les nourris." P46
    "- Chuuut Aby, écoute ! Ecoute mieux. Un son, très doux. Un appel qui vient des profondeurs. Ce son les abysses, l'eau nous raconte une histoire, Aby. On ne peut pas empêcher l'océan de chanter. On pourra nous bâilloner tant qu'on voudra, les abysses continueront à fredonner, leur symphonie retentira toujours pour ceux qui veulent l'entendre...Quelque chose vivait là-dessous, quelque chose qui avait le droit de chanter, de faire de la musique, sans frontière, sans limite. Quelque chose qui l'attendait, elle, Abrielle.
    Cette sensation d'espoir et de tristesse mêlés qui s'était alors emparée d'elle étouffait encore Abrielle aujourd'hui, des années plus tard. Quand le calme tombait sur le lagon, quand les enfants cessaient de crier, elle se concentrait, cherchait à retrouver la vibration intime qui s'élevait des profondeurs. Ici, la voix de l'océan était moins claire, troublée par celle de la terre qui l'accompagnait.  Pourtant il lui semblait parfois, très brièvement, la saisir à nouveau, cette espèce de voix inhumaine mais si belle." P70-71-72
    "Personne n'a plus parlé de ces évènements, mais leur souvenir plane encore dans nos esprits et nous rappelle que nous ne pouvons échapper à notre destin." P81
    "Où trouver le courage, quand on avait tout perdu ?" P150
    "- Il y a tellement d'étoiles. Tu crois qu'il y en a une pour chacun d'entre nous une qui nous regarde et attend de nous montrer notre voie ?" P308
    "Parce que j'aimerais pouvoir vivre des nuits aussi libres que celle-ci. Où je peux me promener dehors jusqu'au matin, si j'en ai envie. Où je peux poser ma joue contre toi sans peur, où je peux respirer ton parfum, écouter ton souffle se mettre au diapason du chant de la cascade..." P309
    "- Les mélodies ne vivent pas en moi. Elles chantent dans le souffle de la nature et remontent les abysses. Il faut juste écouter..." P368

    Une musique ?
    Pour la mélodie, les souvenirs qui remontent, comme si les abysses étaient en chacun de nous...




    Un film ?
    Pour les destins qui se mêlent, les personnages qui se lient, l'amour, les sentiments, l'émotion... La fin...



    Peu importe qu'il ait grandi dans un orphelinat : August Rush est persuadé que ses parents n'ont jamais voulu l'abandonner. Le jour où il découvre son talent inné pour la musique, August y voit même le moyen de retrouver ceux qui l'ont mis au monde : il est sûr que ses parents, s'ils entendent la symphonie qu'il a composée pour eux, sauront le reconnaître au travers de sa musique...
    2008
    de Kirsten Sheridan
    113 minutes




    { 10 commentaires... lisez les commentaires ou Commentez }

    1. Tes chroniques sont toujours belles et pleines de poésie… J'aime ♥

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    2. Je l'ai gagné à un concours et je viens de le recevoir, j'ai super hâte de me plonger dedans ! ♥

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    3. Je suis juste totalement d'accord avec ton avis. En fait en lisant la première partie je me disais "Mince, après tous les avis positifs, ça ne sera pas THE lecture" puis j'ai rencontré Ca, Sa, leur monde, les Neutres, les idées juste extraordinaires de Carina Rozenfeld et là je me suis dit "Wow, c'est THE coup de cœur" et ensuite je n'ai pas pu lacher le livre avant d'en avoir tourné la dernière page (je serais capable de le relire directement tellement je l'ai adoré). En bref, j'ai adoré l'ensemble, c'est magnifique. Et j'ai juste TROP hâte de la rencontrer ! ^^

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    4. Je l'ai dans ma PAL j'ai hâte de le commencer. Je vais découvrir l'auteur avec ce roman :)

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    5. Waow, ta chronique est comme toujours très bien écrite ! J'aime beaucoup ton style ...

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    Alex la Belette et moi, on aime bien les commentaires ! Ça nous donne de l'audace !
    N'hésitez pas à poster votre avis, une idée, une blague, une remarque. Tout ce que vous voulez, tant qu'on peut échanger. Parce que la littérature n'est jamais plus belle que quand on la partage.

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