• Posté par : Tom 5 avr. 2012



    Parce que c'est son anniversaire (JOYEUX ANNIVERSAIRE !) , un interview de l'auteur de Au pays des kangourous, chroniqué aux dernières vacances ! >>>

    Bonjour ! Tout d'abord, pourriez vous vous présenter, pour permettre à ceux qui ne vous connaissent pas de vous connaitre un peu mieux ?

    Bonjour, j’ai bientôt 53 ans, signe astrologique Bélier (fonceur, généreux, épuisant souvent pour les autres!), je dirige une agence de communication spécialisée dans l’édition et j’ai publié 3 romans en vingt ans. J’ai eu mon bac de justesse et j’ai commencé à travaillé à l’âge de 17 ans. Des tas de petits boulots pour commencer (serveur, garçon de bureau au Monde, manutentionnaire en usine) puis j’ai crée une agence à l’âge de 20 ans, un argus de la presse au départ spécialisée dans le cinéma, puis dans le spectacle et l’art au sens large. Je suis entré dans l’édition par hasard, il y a bientôt 30 ans...

    Pourriez vous donc nous présenter Au pays des kangourous ?

    Le regard d’un petit garçon de neuf ans sur le monde qui l’entoure; une mère absente, souvent en Australie, un père dépressif, une grand-mère fantasque, une petite fille autiste qui dit la vérité... Et comment les adultes réagissent et se comportent à son égard.

    Pourquoi avez vous voulu écrire ce livre ?

    Au départ, parce que je tenais à évoquer le thème de la dépression d’une manière décalée, voire légère. Et après Autobiographie d’une Courgette publié en 2002, j’avais hâte de revenir vers l’écriture.

    Vous offrez une dimension autour de la dépression, en introduisant des passages de votre roman dans un hopital psychiatrique. Avez vous eu de l'aide pour tous ces éléments, ou vous basez vous sur du vécu, sur des idées, ou de l'imagination ?

    J’ai vécu trois dépressions graves, toutes suivies d’hospitalisations. Je n’ai eu qu’à puiser dans ma mémoire pour partager quelques moments forts que j’ai vécu et ressenti. Lorsque Lili évoque le corps étranger qui entre dans celui du dépressif, je n’avais pas meilleure image pour faire ressentir ce que j’ai traversé. Je suis tout de même retourné à Saint-Anne par le service de communication, sans dire que j’avais été patient chez eux. J’avais besoin de ressentir le lieu différemment, du côté du bien portant que je suis devenu.

    Est-ce que vous vous identifiez au personnage de Simon ? En fait, avez vous déjà vécu ce que lui a vécu ?

    Je m’identifie davantage à Paul, le père de Simon, et curieusement à Lily, quand elle explique à Simon ce qu’est la dépression. J’ai eu la chance d’avoir une enfance heureuse. Mes parents étaient présents et aimants. Par contre, je partage avec Simon ce regard qu’il porte sur les autres sans chercher à les juger.

    Lily est un personnage bien particulier... comment est-elle apparue dans votre projet ? Pouvez vous nous en dire plus sur elle... car d'un côté, ce livre offre aussi une dimension très particulière autour de la mort et de ce personnage : on pourrait y trouver un côté fantastique. Qui est vraiment Lily selon vous ?

    Avant d’écrire ce livre, je cherchais une petite fille de l’âge de Simon, capable de lui dire la vérité que les adultes ne peuvent dire pour toutes sortes de raison. Une petite fille malade me paraissait intéressant, car qui mieux qu’un malade peut s’intéresser à ce point aux malades? J’ai découvert un rayon autisme dans une librairie et j’ai lu un témoignage bouleversant de Judy et Sean Barron Moi l’enfant autiste paru chez Plon. A la lecture de ce livre, j’ai tout de suite compris que ma petite fille malade serait une enfant autiste. Certains enfants autistes ont cette intelligence aigue, cette parole d’adulte qui m’a d’emblée séduit. J’ai choisi ensuite de lui donner une dimension légèrement fantastique, pour que le lecteur puisse s’imaginer toute sorte de réponse. Pour moi, Lily est un ange gardien, une fée, qui veille sur Simon qu’elle protège tout en lui disant la vérité. Elle intervient aussi sur la guérison du père de Simon et porte un regard généreux sur les malades en général. Mon inspiration vient peut-être aussi des films de M. Night Shyamalan (6ème sens, Signes) qui introduisent un peu de fantastique, suffisamment pour y croire.

    Par rapport à une question précédente, sur Simon, vous faisiez ça vous aussi petit, fermer les yeux et rêver ?

    Non, j’adorais me téléporter! Je fermais les yeux et je partais dans un endroit que j’aimais par dessus-tout. Notamment un village en Espagne dont je parle dans Au pays des kangourous... Simon est un enfant unique, ce que je n’étais pas (j’ai une sœur). Quand j’étais petit, j’étais fasciné par contre par les jeux que s’inventaient mes copains fils uniques...

    Avez vous un personnage, une scène, et un lieu préféré dans votre roman ?

    Le personnage : Lily pour sa part d’irréalité. La scène : La foire du Trône pour la part belle de l’enfance. Un lieu préféré : Les vacances à Santa Cruz, car j’y ai écrit ce livre et j’en garde un souvenir magique.

    Pourquoi avoir choisi l'Australie comme lieu important du livre ?

    Parce que c’est loin! Le titre d’ailleurs peut se lire de plusieurs manières. Le Pays des kangourous, c’est à la fois le pays où travaille Carole, la mère de Simon. Mais c’est surtout tout ce qui est hors de portée de Simon, trop loin pour qu’il puisse l’atteindre : la dépression de son père, le comportement des adultes à son encontre.

    Merci pour vos réponses. J'aimerais juste vous demander trois choses alors ! Pour la fin, pourriez vous me dire un mot, un titre de livre et une citation (pas forcément en rapport avec les autres bien sûr) et m'expliquez pourquoi vous avez choisi ces réponses ?

    La gentillesse : qualité essentielle à mes yeux, pour le regard bienveillant porté sur autrui.
    Le titre d’un livre : Papa et maman sont morts, le titre de mon premier roman. J’y pensais comme on dit le roi est mort, vive le roi! Autrement dit Vive papa et maman! (un hommage à la famille, et non un titre sombre!)
    La citation : L’écrivain Philippe Sollers a dit quelque chose comme “La surface n’est pas le contraire de la profondeur”. J’aime beaucoup cette citation, comme j’aime dans la vie l’apparence et la légèreté des gens, tout en m’intéressant à leurs fêlures quand je les aime.

    { 1 commentaires... lisez les commentaires ou ajoutez-en un }

    1. Super interview :D Je vais peut-être rencontrer Gilles Paris à un salon du livre bientôt :) Au pays des kangourous m'intrigue beaucoup ...

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