• Posté par : Tom 24 nov. 2017

    Enfilez votre combinaison spatiale et suivez Marion Montaigne sur les pas du célèbre spationaute français !

    Quai des Bulles, le festival de BD de Saint-Malo s’est déroulé du 27 au 29 octobre 2017 pour sa 37ème édition. L’occasion, toujours avec plaisir, de découvrir de belles expositions et de rencontrer des auteurs et autrices. Cette année, 4 auteurs, autrices, dessinateurs et dessinatrices de bandes dessinées m’ont prouvé (une nouvelle fois) qu’ils n’attendaient que de rencontrer et surtout de discuter avec leurs lecteurs lectrices pour parler de leur travail, souvent en détails et toujours de façon passionnante.

    Tu mourras toujours moins bête dans la combi de Thomas Pesquet avec Marion Montaigne

    Marion Montaigne est connue pour son blog BD de vulgarisation scientifique « Tu mourras moins bête » qui a donné naissance à 4 tomes publiés chez Ankama, puis chez Delcourt, et à une série animée diffusée sur Arte.

    Dans Tu mourras moins bête, le Professeur Moustache et son assistant Nathanaël démystifient la science au quotidien. Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser, de rétrécir vos gosses, ou si vous pensez que le « stade anal » est une salle de concert de 100 000 personnes, le Professeur Moustache et son équipe sont là pour vous !

    Tu mourras moins bête s’adresse à ceux qui ont séché les cours de biologie ou de physique mais qui trouvent cool la gravité, les globules blancs, ou les lasers, et qui aimeraient en savoir plus. Et si possible sans faire trop d’effort, et en se marrant, c’est le meilleur moyen de tout retenir.

    Dans la combi de Thomas Pesquet (éditions Dargaud) est la dernière œuvre de Marion Montaigne, disponible dans vos librairies préférées dès aujourd’hui !
    Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d'un rêve d'enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8 413 candidats, a suivi une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour — sa marque de fabrique — le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu'à sa mission dans l'ISS et son retour sur Terre.

    Alors passons le sas, enfilons une combinaison spatiale et allons retrouver Marion Montaigne, toute sourire et humour, pour la suivre au cœur même de cette aventure avec Thomas Pesquet.


    Interview de Marion Montaigne

    La Voix du livre : Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours ?
    Marion Montaigne : Diplômée de l’école des Gobelins (section animation), j’ai d’abord travaillé dans ce milieu avant de me rendre compte, très vite, je me suis dit : « ouh la la, je suis nulle » (rires). J’aimais bien l’aspect créatif, les story-boards, etc., mais quand il était question de donner vie à tout ça, ça m’embêtait un peu !
    Je suis donc devenue libraire BD à Gibert Jeune, et c’est à ce moment-là, gravitant autour de bande dessinée sans l’avoir vraiment admis, que j’ai commencé à monter mon dossier d’illustrations, rencontré des éditeurs en 2003, et ai été publiée en 2003-2004.
    Marion Montaigne a été illustratrice pour la jeunesse chez Lito, Bayard, Nathan et Milan, avant de publier des BD plus personnelles : La vie des bêtes (Bayard, 2008 et 2010), et Panique organique (Sarbacane, 2007). Elle a écrit aussi des scénarios de dessins animés (Une minute au musée, Les Films de l’Arlequin et la saison 2 de Mandarine & Cow, Normal Studio). En 2013, elle publie les chroniques de son blog « Tu mourras moins bête » chez Ankama (2 tomes), ce qui lui vaut le prix du public du festival d’Angoulême. Marion Montaigne mène ensuite une enquête pleine d’humour chez les riches — Riche, pourquoi pas toi ? (Dargaud, 2013).

    LVDL : Comment est né ce projet avec le spationaute français ?
    Marion Montaigne : C’est l’histoire improbable d’une rencontre entre une autrice BD Bac+2, et un mec Bac+24 (rires). Thomas Pesquet a d’abord laissé un commentaire sur un de mes articles dans lequel j’expliquais, à partir de ma lecture d’un livre, les différents problèmes de santé que les astronautes rencontrent (désorientation, etc.). Et en plus, je représentais les mecs hyper frimeurs et j’en faisais des caisses. Il a donc commenté : « C’est super drôle, en plus, je suis astronaute ». Heureusement que je ne l’avais pas lu avant que quelqu’un du CNES (Centre National d’Études Spatiales) me parle de lui, sinon j’aurais répondu : « Oui, c’est ça, et moi, je suis la reine d’Angleterre ».
    Puisqu’il avait aimé le blog, je l’avais invité pour une avant-première de la série Tu mourras moins bête sur Arte, mais, comme il n’a pas pu venir, je lui ai proposé de passer à l’atelier. J’avais déjà en tête un projet sur l’espace et comme Thomas est quelqu’un d’assez cool, avec beaucoup d’humour, et facile d’accès, il a accepté que l’on puisse échanger, de m’aider dans mes recherches, et de me relire.

    LVDL : Comment le projet a évolué ? Que s’est-il passé pendant ces années ?
    Marion Montaigne : Quand j’ai commencé à me documenter, les gens ne connaissaient pas Thomas Pesquet. Personne ne savait qu’il était. J’ai eu la chance de le voir avant 2016. Après, ça aurait été plus compliqué.
    Au début, j’ai beaucoup tâtonné, mais Thomas était très accessible. Les astronautes sont des gens sérieux et fiables. Quand il vous dit, « je t’appelle vendredi 15 à 10h00 », il appelle le vendredi 15 à 10 h 00. Tu as intérêt à être prête.
    Même s’il a un décollage à préparer pour dans dix jours, il appelle. Il communique bien, ne tient pas de paroles en l’air.
    Les astronautes passent beaucoup de temps en salle de classe, ou seuls. Quand ils révisent seuls les déclinaisons de russe, ça, ce n’est jamais montré.
    C’est plus difficile de travailler avec une institution telle que l’ESA (Agence Spatiale Européenne) ou la NASA (National Aeronautics and Space Administration).
    Thomas m’a dit : « si tu veux faire ça bien, tu vas à Houston et en Russie ». Alors vous allez voir votre éditeur et demandez : « ben voilà, est ce que vous pouvez me faire une enveloppe ? » (Rires.)
    Avec l’ESA, je passais par Thomas et tout se passait bien. Beaucoup de gens à l’ESA rêvent de partir dans l’espace. Avec la NASA, ça a été un peu plus difficile. J’ai été greffée avec une équipe de tournage qui m’a permis d’y être, de voir des séances d’entraînement. Vous vous faites petite pour être le plus discret possible.
    Il y a eu beaucoup de prises de notes, peu de croquis. Il a fallu essayer de comprendre alors qu’ils parlent en anglais et avec beaucoup d’acronymes. J’ai surtout relevé leurs expressions, leurs sensations.
    J’ai été à Houston, en Russie, à la Cité des étoiles, à Baïkonour... En Russie, c’était vachement bien mais assez surréaliste. C’est en plein milieu du désert Kazakhe, presque figé dans les années 60. Surtout que c’est là que tu vois les familles, les enfants qui voient leur père derrière une vitre en combinaison bizarre en disant : « han, han, je vais partir sur une fusée ». C’est très étrange pour les parents des astronautes qui se soutiennent. On accompagne, on suit les astronautes sur le pas de tir. Les familles ont toutes des cernes. Mais elles sont accompagnées : il leur est expliqué tout ce qui se passe. Il est trois heures du matin, c’est hallucinant.

    LVDL : Avez-vous pu communiquer avec Thomas Pesquet quand il était dans la station spatiale ?
    Marion Montaigne : Oui, par mail et par téléphone IP. Il y a une liste de mails autorisés et Thomas y avait mis mon adresse. Je lui ai adressé des courriers avec plein de questions. Il m’a répondu et m’a dit qu’il m’appellerait tel jour, mais sans horaire cette fois, sur son temps libre. Et tout d’un coup, alors que je cuisinais mes pâtes, je reçois un coup de fil de l’espace. Je bredouillais car c’est très impressionnant. En plus, la communication était super bonne, nickel, mieux que lorsque j’appelle ma mère en Bretagne. (Rires.)

    LVDL : Et vous ne parlez pas de vous, de cette belle aventure ?
    Marion Montaigne : Je ne me suis pas représentée dedans. C’est sur les astronautes uniquement, pas sur ma petite personne, autrice de BD. C’est une autre histoire. Je n’avais pas envie de me gérer comme un personnage. Moi on s’en fiche, je fais mon job.

    LVDL : Et le travail d’après : l’atelier, l’album ?
    Marion Montaigne : Thomas a tout relu. Sa compagne aussi, elle m’a apporté toutes les informations sur la famille, les angoisses, les attentes.
    Le travail en atelier a été une prise de tête, car j’avais beaucoup d’infos. Cela représente beaucoup de travail pour éviter qu’il n’y ait que de la voix off pour expliquer chaque chose. Il faut resituer chaque anecdote dans son contexte. Pourtant, j’avais envie de tout raconter, mais il a fallu faire du tri.
    Le format de l’album est grand, avec plus de 200 pages, ce n’était pas prévu au départ.
    En atelier, on est plusieurs. Il est plus ou moins rempli. En scénario, la bulle se ferme. Il ne faut pas me parler. Je ne suis pas très agréable et on ne dirait pas que j’ai de l’humour. Mais après il n’y a pas de soucis pour le reste (dessins, mise en couleurs, etc.).

    LVDL : Écoutez-vous de la musique pendant votre travail ? Pourriez-vous conseiller une bande-son pour les lecteurs et lectrices de cet album ?
    Marion Montaigne : La bande originale du film Interstellar, c’est assez marrant. Au début, j’écoutais du Max Richter, et en fait, pas mal de musiques de film, comme Mad Max.
    Je commence mes journées en écoutant du Nicki Minaj. Parfois pour se mettre dans l’ambiance, quand je faisais une famille qui pleure, par exemple, je mettais un truc au violon.
    Ha, et pour l’album, « Opening » de Philip Glass sur du spatial, ça le fait.



    Alors, vous aussi vous rêvez maintenant d’enfiler la combinaison de Thomas Pesquet et de partir — toujours avec humour ! — à la rencontre des astronautes ?

    Propos recueillis à Saint-Malo, le 29 octobre, et article rédigé par
     

    Pour aller plus loin...


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    Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d'un rêve d'enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour... Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour – sa marque de fabrique – le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu'à sa mission dans l'ISS et son retour sur Terre.

    De Marion Montaigne
    Éditions Dargaud
    208 pages
    22 € 50


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