• Posté par : Tom 27 août 2015

                    Mon petit cœur imbécile est un récit tendre et juste, qui dit beaucoup de choses. On le découvre au coin d’une librairie, on n’en a pas trop entendu parler… On le regarde, l’ouvre. Et on se met à courir.
                    Parce que c’est une histoire de courses. C’est celle de Sisanda, qui, chaque matin, compte ses battements de cœur. Il est fragile, parce qu’elle court sans cesse contre la vie, contre le temps. À vrai dire, elle aimerait beaucoup courir. Mais ça lui est interdit, comme sauter, crier, danser. Son petit cœur imbécile est trop fragile pour ça. Maswala, elle, court. Vraiment. Chaque matin, à la même heure, sur un itinéraire bien précis. Et Sisanda la regarde passer… Et si cette course permettait d’arrêter celle de Sisanda ? Et si en courant, Maswala pouvait gagner de l’argent ? C’est le rêve qui la prend, un jour, quand elle se décide à participer à un marathon… Jusqu’où ira-t-elle ?
                    Xavier-Laurent Petit place son intrigue dans un petit village africain où la solidarité est au cœur de tout. Au milieu de ce dénuement tantôt misérable, tantôt ligne de vie admirable, évolue un microcosme attachant et délicat. On a un peuple mais on a aussi une famille, celle de Sisanda et sa mère, qui parfois a des frontières plus floues. Et on revient au peuple. L’auteur écrit avec une grande justesse cette vie différente, loin de nos pratiques occidentales. On observe, avec fascination, parfois honte, et surtout beaucoup d’attachement, ces personnages qui se croisent dans une danse simple mais harmonieuse. C’est touchant.
                    Au travers de cela, se joue le destin d’une petite fille ballotée par la vie, menacée par les récifs de ses épreuves. Elle est fragile, injustement cassable. Ce destin est amené avec beaucoup de douceur, l’émotion est à fleur de peau et on saisit cette vie minuscule entre ses mots, on l’observe, on s’y attache. Là réside la force du roman : à travers cette danse simple mais juste, aux grandes foulées dans le désert, on se prend d’amour pour ces quelques personnages. Le style est épuré, mais tendre et respectueux. 
                    En fait, c’est aussi un amour tout particulier que rend l’auteur à travers ce récit. Celui d’une mère à sa famille, mais aussi d’une fille à sa mère. Cet élan partagé, qui s’échange, se croise, parfois se rate, mais toujours se retrouve. Cette petite fille différente, qui cherche à grandir malgré tout, trouve son soutien le plus infaillible en ce personnage incroyable en qui elle croit, et qui ne faillit pas. Jamais ? 
                    Xavier-Laurent Petit raconte ainsi une belle histoire, au rythme bien dosé, lent, et parfois accéléré à juste titre. Si le roman jouit de cette narration maîtrisée, d’un style simple mais doux, aussi, et de ce décor singulier, elle jouit surtout de cette émotion, tranquille et saisissante, et de ces personnages qui ne forment parfois qu’un, avec qui on danse, sans fin, et sans aucune envie de s’arrêter. Un texte qui apprend à grandir même quand on a mal au cœur.


    ◄►◄►◄ Présentation du livre ►◄►◄► 

    Toudoum… Toudoum… Chaque matin, Sisanda commence par compter les battements de son cœur et le nombre de jours qu’elle a vécus depuis sa naissance. Puis, elle regarde sa mère se glisser hors de la case pour aller courir dans les collines : Maswala, sa Mamantilope, cavale pour le plaisir pendant des heures, pieds nus, là où même les bergers ne vont pas avec leurs troupeaux. Sisanda, elle, ne peut pas courir. Ni sauter, ni jouer avec les autres, ni rien, à cause de son petit cœur imbécile et de sa maladie idiote. Le médecin lui a dit qu’elle avait beaucoup de chance d’être encore en vie. Vraiment beaucoup. Ici, il ne peut rien faire, il faudrait opérer Sisanda dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Et ça coûte cher… Un million de kels ! Elle a compté qu’il faudrait à ses parents trente-huit ans, trois mois et vingt jours pour réunir autant d’argent… Mais tous ces calculs sont faussés lorsqu’elle découvre que Maswala pourrait gagner la même somme en courant aussi vite qu’une antilope…
     
    Par Xavier-Laurent Petit
    Aux éditions L'école des loisirs - Collection Neuf
    136 pages
    8€00

    { 12 commentaires... lisez les commentaires ou Commentez }

    1. Tu me donnes envie de le découvrir :)

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    2. J'ai déjà lu des livres de cet auteur - je suis par contre incapable de dire lesquels... Et ta chronique est vraiment jolie !

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      1. Hé oui son nom est connu et j'avoue que je ne saurais en dire beaucoup d'autre non plus ! Merci en tout cas Lulu ♥

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    3. J'ai lu ce roman quand j'étais petite et il m'avait vraiment beaucoup, beaucoup plu. Du coup j'avais nommé ma poupée Sisanda et mis ce livre sur la table de nuit pour le réveil des cauchemars XD
      En tous cas, j'en garde vraiment un très bon souvenir :)

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      1. J'aime beaucoup l'histoire que tu as avec ce livre ! Très jolie, merci de l'avoir partagée ! Quel âge as-tu aujourd'hui ? :)

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      2. D'accord ! Un beau souvenir en tout cas.

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    4. J'avais beaucoup aimé cette histoire qui m'avait touchée ! Ta chronique est très jolie :)

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